L'Ifremer va remettre à l'eau son robot Victor 6000, après six mois de rénovation

Le robot télé-opéré Victor 6000, capable de plonger jusqu’à 6 000 mètres de profondeur, sort de 6 mois de rénovation dans le hall des engins non habités du centre Ifremer Méditerranée basé à La Seyne-sur-Mer.
Le robot entièrement démonté
Il y a été entièrement démonté afin de réaliser de profondes modifications sur l’ergonomie de pilotage, l’instrumentation, l’optique, et l’architecture électronique et informatique embarquée.
Depuis le mois d’avril 2010, les équipes de l’Ifremer et de Genavir se mobilisent pour ré-assembler ce gigantesque puzzle technologique.
Long de 3,3 mètres, large de 2,1 mètres et haut de 2,5 mètres, pour un poids de 4 600 kg, Victor 6000 est composé de 2 parties :
la partie « véhicule » composée des flotteurs, des moteurs de l’électronique, un système de caméras et appareils photos avec zoom et orienteur, deux bras manipulateurs puissants et habiles ;
la partie « module » ou « charge utile » dans lequel se logent une large panoplie d’outils scientifiques facilement interchangeables comme diverses sondes, un aspirateur à faune, un panier mobile, des boîtes de prélèvements, des caméras, des sondeurs, etc.
Commandé via un câble de 8 000 mètres de long
Le robot est alimenté en énergie et commandé via un câble électro-opto-porteur de 8 000 mètres de long enroulé sur un treuil.
Le pilotage s’effectue du bord à partir d’un poste de commande de pilotage disposant de tout l’équipement informatique nécessaire à la mise en oeuvre du véhicule, à la mission scientifique et à la gestion des données.
Le poste de commande, intégré dans un container déplaçable, est solidement arrimé sur le pont extérieur du navire océanographique affrété pour la mission
Après ce grand carénage, Victor 6000 prendra la mer à bord du navire océanographique Pourquoi pas ?, entre le 6 et le 20 septembre, pour une phase d’essais au large des côtes varoises.
Il sera ensuite mis à disposition pour une campagne opérationnelle scientifique aux Açores.
L'exploration des canyons méditerranéens
Plonger pour tester les équipements après un carénage, c'est bien. Mais plonger pour tester et étudier, c'est encore mieux.
Les essais du Victor 6000 vont ainsi faire d'une pierre, deux coups, en permettant à des chercheurs de l'Ifremer de poursuivre une série de missions océanographiques pour un programme d'étude des bancs rocheux et des canyons méditerranéens.
Un Groupement de Recherche (GdR) entre l'Ifremer et l'Université Paris VI, à laquelle sont rattachés les observatoires de Banyuls (Pyrénées orientales) et de Villefranche-sur-Mer (Alpes Maritimes), a été constitué dans cet objectif de recherche.
Il fait suite à une ambitieuse campagne d'exploration de l'ensemble des canyons méditerranéens continentaux initiée par l'Agence des aires marines protégées.
Créer un pôle de compétences
L'intérêt du GdR est créer un pôle de compétences, d'expertise et de formation au niveau national autour de la thématique de la biodiversité des canyons de Méditerranée.
L’objectif est de caractériser la biodiversité, son rôle fonctionnel et sa dynamique au sein des canyons méditerranéens et des bancs rocheux et d’évaluer son potentiel de maintien et d'évolution.
Lors des essais Victor 6000 sur le Pourquoi pas ?, des zones comprises entre 200 et 2000 mètres d'immersion seront ainsi étudiées par les scientifiques du laboratoire Ifremer « Environnement Ressources Provence Azur Corse » de La Seyne-sur-Mer, focalisant sur les zones à coraux au large de Cassis (200 m) et sur le fond de ce canyon (2 000 m).
Suivant les conditions météo, les scientifiques pourraient également explorer le canyon des Stoechades près de l'île du Levant ou le banc de la Nioulargue, près de Saint Tropez.
source: lesinfosvertes.hautetfort.com




