Croisières: la compagnie MSC quitte La Seyne - Toulon

Filiale du groupe Mediterranean Shipping Company, MSC Croisières proposera l'an prochain de nouveaux embarquements à La Rochelle et Cherbourg. Ces ports viendront s'ajouter à ceux de Marseille, Monaco et Nice, déjà desservis. Mais plus La Seyne -Toulon, qui a disparu de la liste...
Les paquebots de MSC Croisières partent pour Marseille, où l'armateur a beaucoup investi.
Le 31 octobre, le paquebot Lirica, de la compagnie MSC Croisières, appareillera pour la dernière fois au pied du Faron pour accomplir son tour de la Méditerranée. Après un an et demi de présence sur le port de « Toulon Côte d'Azur », partagé entre La Seyne-sur-Mer et la capitale du Var, l'armateur italo-suisse a en effet décidé de quitter pour de bon les eaux de la rade.
La compagnie prend la direction de Marseille où elle positionne ainsi un troisième navire. Rien de très surprenant a priori (1) : MSC fait partie d'un consortium composé de Costa Croisières et de Louis Cruises, qui a cofinancé, à hauteur de 8 millions d'euros, la nouvelle gare maritime de la cité phocéenne et qui en assure désormais la gestion. Compte tenu des sommes importantes engagées, MSC entendrait se concentrer sur des objectifs de passagers non atteints à Marseille en 2010.
Des dizaines de millions d'euros qui s'en vont
Pour la chambre de commerce et d'industrie du Var (CCIV), concessionnaire du port, ce départ « dommageable » n'a pu être évité. « Ils n'avaient pas d'engagements vis-à-vis de nous, ni de désaccord, d'ailleurs. Seulement, le marché de la croisière est très volatil », explique ainsi, fataliste, Claude Orfila, président de la commission des affaires maritimes de la CCIV.
Mais l'opération n'est pas neutre. Ce sont une trentaine d'escales annuelles qui s'en vont, et avec elles des dizaines de milliers de passagers qui allaient arpenter la route des vins, les rues de Saint-Tropez ou du Castellet. Sans compter que MSC était la seule compagnie à avoir fait de Toulon sa « tête de ligne » : un site d'escale certes, mais aussi de départ et d'arrivée pour les clients. Et ce, à raison de 150 à 300 personnes environ par semaine.
Au-delà d'un bénéfice « d'image », l'agglomération et le département y trouvaient donc leur compte sur le plan financier : on estime ainsi qu'une personne qui embarque ou débarque dépense en moyenne 150 euros dans les commerces de la ville, contre 60 euros pour un passager en simple escale. Il faudra maintenant faire sans ces dizaines de millions d'euros de retombées économiques.
« On espère rapidement compenser ce départ », positive toutefois Claude Orfila. Lequel sait aussi que le chantier dépasse la simple opération séduction auprès des compagnies. Toulon a certes l'avantage d'avoir un port aux indéniables atouts, car, notamment, protégé du vent et... des grèves, Marine nationale oblige (2). Mais sans un sérieux lifting des infrastructures portuaires, vétustes et mal adaptées, le marché en pleine croissance des croisières à Toulon-La Seyne restera toujours soumis à la fameuse volatilité des armateurs.
1. Contactée hier, la direction de MSC n'a toutefois pas pu être jointe.
2. Le week-end dernier, le paquebot Bleu de France a été détourné sur La Seyne alors qu'il devait accoster à Marseille. La compagnie CDF Croisières de France n'a, semble-t-il, pas voulu voir son escale perturbée par les mouvements sociaux dans le port phocéen.
source: Ma.d. - var matin








