Les Atelier des chantiers de La Seyne: quel partenaire ?

S'inspirant de l'exemple des docks de Marseille, la municipalité souhaite que l'atelier mécanique devienne « un lieu de vie » où l'on vient se promener et passer un moment.
Les premiers bateaux auraient dû être amarrés depuis le début de l'année, comme le prévoyait la Délégation de service public (DSP) passée entre la municipalité et le groupement d'entreprises (Cari, Altarea-Cogedim et Sodeports) chargé de construire et d'exploiter le port et les surfaces commerciales.
Mais voilà, depuis 2007, rien ne se passe. La municipalité a, sans succès, accordé des reports successifs aux délégataires. Elle a fait jouer le jeu des clauses suspensives (il y en avait cinq), et a levé la dernière en prenant à sa charge la dépollution du site. Dès lors, le contrat devait entrer en vigueur. Nouvel échec. Face à l'impasse, la municipalité se dirige donc vers la résiliation de la DPP (1). Et change son fusil d'épaule.
Procéder par étapes
Etant dans l'incapacité financière d'avancer seule sur le projet du port, la ville se donne le temps de la réflexion afin de trouver la meilleure formule. En revanche, elle veut foncer sur des opérations à même de générer des recettes. Comment ? En jouant la carte de la valorisation de son patrimoine, par le biais de la construction d'un espace muséal et du réaménagement du bâtiment CPM (lire ci-dessus à droite). Surtout, la municipalité opte pour une nouvelle procédure : exit la DSP, bonjour le partenariat public-privé, le « PPP » dans le jargon administratif.
Mi-septembre, la ville a lancé un appel d'offres pour une « mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour la réalisation d'un contrat de partenariat ». La prestation de services porte sur les aspects techniques, juridiques et financiers. Il s'agit notamment d'apprécier les coûts de réalisation des ouvrages, de leur maintenance et des loyers, ainsi que d'étudier les propositions architecturales et techniques. Autrement dit, le rôle du partenaire sera d'aider la ville à piloter la procédure et à affiner le cahier des charges.
Sur le fond, explique la municipalité, l'intérêt du PPP est qu'il « permet de procéder par étapes et de faire en sorte que les montages ne soient pas liés ». Ainsi, le musée - d'ailleurs accompagné d'un parking sous-terrain - pourrait se faire sans bloquer le projet CPM, et vice-versa.
Quels financements ?
Restera ensuite à régler la question du financement. L'ampleur des investissements à engager (plusieurs dizaines de millions d'euros) supposera de drainer à la fois de l'argent privé et de l'argent public. Du coup, la ville devra sans doute trouver des soutiens au niveau de l'agglomération. Pour convaincre, elle souhaite placer le débat en termes « d'intérêt général ». L'objectif est ainsi de montrer que le projet s'inscrit « dans l'intérêt économique de la rade » et qu'il est « l'un des éléments structurants de son développement économique » puisqu'il pourrait générer près de trois cents emplois.
Le 26 octobre prochain, la municipalité procédera à l'examen des réponses à son appel d'offres. Ensuite, un ensemble de délibérations devrait être présenté au conseil municipal de La Seyne avant la fin de l'année afin d'informer les Seynois sur la réflexion engagée, et montrer la cohérence du projet en termes d'aménagement et de stratégie financière.
1. La résiliation de la DSP peut entraîner un risque de contentieux avec le délégataire. Mais, en pareil cas, la mairie pourrait invoquer la faute du délégataire qui n'a pas rempli ses obligations.
source: Michael Guillon - var matin


