Le triste spectacle des épaves anse Balaguier à La Seyne

« C'est une image pitoyable pour la ville. Une pollution visuelle, mais également un grave danger pour l'environnement », affirme François Morin, président du comité de survie de la baie du Lazaret. photo: David Latour
Ils reviennent chaque année comme les feuilles mortes... François Morin n'a pas vraiment le coeur à faire de la poésie, lorsqu'il fait le compte de la dizaine de bateaux à la dérive, anse Balaguier.
Cheveux au vent, bandeau rouge fiché dans les cheveux, le président du comité de survie de la baie du Lazaret n'en garde pas moins une détermination farouche et un sacré sens de la formule. Après avoir lancé, il y a quelques années, un « chemin de la honte » du côté de Mar-Vivo, il a inauguré cette semaine, avec une dizaine d'autres Seynois, « Le cimetière à bateau », anse Balaguier. Une habitude, presque.
Identification difficile
« Chaque année, à cette époque, nous essayons d'alerter les autorités, mais on a un peu l'impression de se battre contres des moulins à vents », rencherit le Seynois, fataliste, mais pas résigné.
« C'est une image pitoyable pour la ville. Une pollution visuelle, mais également un grave danger pour l'environnement ».
Et de fustiger ceux qui laissent leur navires dépérir de la sorte.
« Certains ont même passé à la meule l'immatriculation de leurs embarcations, pour qu'on ne le retrouve pas ! C'est lamentable... »
Un constat confirmé du côté de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM, ex-affaires maritimes), à qui incombe la lourde charge de d'identifier les propriétaires négligeants.
« C'est cette étape qui est la plus fastidieuse, explique Guillaume Sellier, directeur adjoint de la DDTM, délégué à la mer et au littoral. Nous menons des enquêtes qui se heurtent à des histoires complexes. Navires légués, donnés, propriétaires introuvables... »
A défaut de pouvoir évacuer ces navires dans un délai « raisonnable », la structure tente de régler le problème en amont.
« Nous demandons désormais, lorsque sont délivrées les autorisations d'occupation temporaires (AOT), que les plaisanciers fournissent des attestations d'assurance qui englobent la prise en charge finale du bateau . »
Parallèllement, les contrôles ont été ronforcés (1), afin de traquer les plaisanciers qui s'affranchiraient de ce document.
Une autre solution préconisée par la DDTM : l'information. « Il est beaucoup plus simple de traiter un navire à la dérive, qu'un navire abandonné ou a fortiori, une épave. Il est donc crucial que les usagers et les citoyens nous signalent toute les situations suspectes ».
Des bonnes pratiques à mettre en oeuvre, mais qui ne résoudront pas le problème de la dizaine de bateaux déjà échoués. Compte-tenu des procédures, plusieurs mois s'écoulent en général entre la découverte du bateau et sa déconstruction dans un chantier spécialisé.
Des opérations forcément côuteuses et dont le prix incombe, à défaut de propriétaire identifié, à la collectivité publique.
1. 480, au cours du premier semestre 2010, contre 90 sur toute l'année 2009.
source: Christophe Gaignebet - var matin



