Fatima Margoum, sœurs d'Abdellatif: "Je me bats pour mon frère"

« Je n'arrive pas à penser à autre chose, confie l'une des sœurs du disparu. Je veux savoir la vérité, ça m'apaiserait. » (photo: E. M.)
Fatima est l'une des sœurs d'Abdellatif Margoum. Elle craint que tout ne soit pas mis en œuvre pour élucider la disparition de son frère et pour retrouver l'un des suspects mis en cause.
Comment avez-vous vécu cette première année sans Abdellatif ?
Mes parents vivent très mal l'absence de mon frère. La fin d'année a été très difficile. On n'a plus jamais mis de musique dans l'appartement, mon père s'est remis à fumer. Ma mère se lève encore la nuit, quand elle croit qu'il va rentrer. Elle pleure encore… Dans la chambre d'Abdellatif, rien n'a bougé.
Où en sont les recherches ?
On n'a plus de nouvelles. J'ai écrit au président de la République, au juge et au procureur. Je n'ai pas de réponse concrète. Chaque jour, dans la rue, au travail, on me demande des nouvelles, on m'en parle sans arrêt. Des gens me racontent des histoires… Je n'arrive pas à penser à autre chose. Je veux savoir la vérité, ça m'apaiserait.
Comment avez-vous vécu ces derniers mois ?
Je ne baisserai jamais les bras, je veux me battre. Je vais faire circuler une pétition pour qu'on n'oublie pas mon frère.
Abdellatif a-t-il eu des problèmes avec les « gitans » de la cité ?
Non, ce n'est pas son genre, c'est quelqu'un qui se tient à l'écart. Il évite les problèmes.
Il a pourtant été condamné dans une affaire de stupéfiants…
Il a fumé du cannabis pour faire comme les autres. Dans la cité, si on ne fait pas comme les autres, on risque des représailles… Un jour, il s'est fait arrêter alors qu'il fumait avec ses copains, mais ce n'est pas un trafiquant. Il n'avait pas de voiture, ni d'argent. C'est un jeune normal qui travaillait en intérim.
source: var matin