La Région dénonce la réforme de l’intercommunalité
La majorité socialiste s’est vivement opposée au projet de réforme de l’intercommunalité, qui prévoit de réduire le nombre de structures de ce type de 15 à 6 dans le Var. Photo: Cyril Sollier
La majorité reproche au gouvernement « une reconfiguration à marche forcée » et regrette de ne pas être plus associée. Une motion a été votée
«Ouf, on devrait en finir avec ceux qui parlent juste pour le plaisir de s’entendre parler! » Avec l’entrée en vigueur hier d’un système décomptant et limitant le temps de parole des groupes, l’assemblée régionale a adopté le même mode de fonctionnement que l’Assemblée nationale. De quoi assurer l’équité et éviter les discours répétitifs des bavards impénitents.
« Problème majeurde démocratie locale »
Les schémas départementaux de coopération intercommunale ont d’ailleurs d’entrée de jeu provoqué une discussion. Le groupe socialiste, soutenu par Europe écologie-Les Verts et le Front de gauche, a présenté une motion pour dénoncer « la reconfiguration pilotée à marche forcée » de l’intercommunalité. « Le gouvernement doit changer d’attitude et engager une concertation sérieuse, a affirmé le président Michel Vauzelle. Cette façon de procéder pose un problème majeur de démocratie locale. » Constatant que « certains préfets sont devenus les commissaires politiques du gouvernement », il a réclamé « un nouveau calendrier permettant l’organisation d’un vrai débat. La Région doit également être associée davantage en tant que collectivité partenaire. »
« Toulon comptera600000 habitants! »
Des propos qui ont agacé le ministre de l’Aménagement du territoire.
« La marche forcée que vous dénoncez n’est que fantasme! s’est exclamé Thierry Mariani pour le groupe de droite. Tout est encore en discussion. Le calendrier, resserré, demandé par le Parlement, est le bon. La méthode laissant une large place à la concertation est la bonne. »
Pour le groupe socialiste, le Varois Robert Alfonsi est monté au créneau. « Cette réforme risque d’éloigner encore plus le citoyen et de creuser l’écart avec les politiques. En remplaçant l’élu de proximité par le président d’une grande agglomération, les liens vont encore se distendre. » Puis le président du groupe socialiste a pris l’exemple du Var. « La mégalopole de Toulon comptera 600 000 habitants! Elle monopolisera les aménagements, les équipements, les fonds, etc. Que font devenir les 500 000 autres Varois? »
Mise aux voix, la motion a été adoptée, le groupe de droite ayant voté contre et le groupe Front national n’ayant pas participé au vote.
source: Mireille Martin - var matin


