Il menace sa compagne avec une machette

Un Seynois de 26 ans a séquestré son amie qui voulait rompre avant de brandir l’arme.
Elle avait encore les mains qui tremblent et un regard apeuré, la victime de Vincent J., un Seynois de 26 ans, poursuivi, hier, pour violences avec usage d'une arme et séquestration. Cette jeune fille frêle a vécu deux jours de terreur les 16 et 17 avril derniers à La Seyne.
À l'énoncé du verdict, elle a d'ailleurs préféré rester dans la salle. Ne pas s'asseoir à quelques mètres de son ancien compagnon. Elle a entendu la sanction tomber : un an de prison avec sursis mis à l'épreuve pendant une durée de deux ans. L'homme, qui n'a pas hésité à la menacer avec une machette, puis avec une longue lime en bois, a été reconnu coupable.
Il sera suivi durant ce délai par un juge d'application des peines. Il ne devra plus entrer en contact avec elle, ni sa famille. Il lui est interdit de se rendre au domicile de la victime. Son arme - une machette qu'il a ramenée de Côte d'Ivoire - a été confisquée. Il devra en outre acquitter une somme de 1 500 euros au titre du préjudice moral.
À la barre, le gaillard à la carrure impressionnante a expliqué avoir été rabaissé durant des mois par sa compagne. Ensuite, il n'a pas accepté que celle-ci envisage de rompre.
« Vous êtes venu chez elle et vous avez fermé la porte. La clef était dans votre poche. Vous avez sorti la machette. Le lendemain, vous vous êtes présenté chez ses parents. Là, vous avez saisi une lime à bois. Et, enfin, il y a eu un SMS menaçant : "Tu ne vas pas t'en sortir aussi facilement." » Le jeune homme parle peu. S'explique peu.
« Vous n'êtes pas Strauss-Kahn !»
Pour lui, « la rupture était difficile ». Ce à quoi Mme Mars, la présidente rétorque : « Une rupture dans la joie, ça n'arrive pas souvent. Vous n'êtes pas le seul à qui ça arrive. Mais de là à sortir une machette ! » Lui, l'ancien militaire reconverti boucher dans le civil ajoute que l'arme ne coupe pas ...
Avec courage, la victime est venue raconter ces longues minutes d'angoisse. « Il a fermé la porte. Je me suis retrouvée dans le noir. J'ai essayé de me réfugier dans la salle de bain. J'ai hurlé. Après, j'ai changé mon comportement. Je lui ai dit que je resterai avec lui pour qu'il se calme. »
Elle évoque aussi une scène inquiétante chez ses parents. « Il était devant ma mère. Il la regardait d'un oeil noir en tapant une lime dans sa main. Ensuite, il est allé dehors. Il m'a montré qu'il avait la machette dans sa voiture. » Interrogé, l'homme a prétendu que son ex-petite amie avait un intérêt financier à être avec lui. « Mais vous n'êtes pas Strauss-Kahn ! Vous êtes boucher. »
Intervenant pour la partie civile, Me Labalme a insisté sur la peur dans laquelle vit encore sa cliente. Le ministère public représentant par Mme Barret a requis une peine d'un an de prison dont huit mois avec sursis mise à l'épreuve. « Ce n'est pas anodin de ramener un coupe-coupe de Côte d'Ivoire. Il y a mieux là-bas : des ananas et de la cotonnade. » En défense, Me Khalfaoui a écarté la préméditation de ce geste regrettable : « Il s'est comporté comme un gamin. »
source: var matin


