Maternité de La-Seyne: les libéraux montent au créneau

Le Dr Jacques Petit (à droite) , à l'initiative de la réunion, jeudi soir, a pris position contre la fusion des maternités seynoises et toulonnaises. «Il y aura bientôt trois maternités pour toute l'agglomération, et toutes géographiquement à l'est. C'est une folie. » Photo: Sonia Bonnin
Qu'est-ce qui réunit dans une même pièce avocats, médecins libéraux et un hospitalier, des sages-femmes, gynéco-obstétriciens, un directeur de clinique privée, un maire (1), pour débattre pendant près de trois heures ? Réponse : la maternité de La Seyne. Ou plutôt, la fermeture des salles d'accouchement, au profit du futur hôpital Sainte-Musse, à Toulon.
Si le projet est ardemment défendu par les représentants de la communauté hospitalière, il est dénoncé par des praticiens libéraux. Ceux qui étaient présents à la réunion se sont tous dits inquiets pour leur propre responsabilité. Inquiets aussi pour la prise en compte d'une large population, dans une zone de développement majeur du département.
Revue de détail de quelques prises de paroles.
Combien de lits pour les naissances ?
Il est difficile de savoir combien de lits seront disponibles pour les naissances, à la maternité de Sainte-Musse. « C'est un secret bien gardé », ironise un participant. Beaucoup estiment que « Sainte-Musse aura moins de lits que Font-Pré et La Seyne réunis ». Mais la somme des naissances est importante.
Déjà, avec la fermeture de la maternité privée Saint-Michel cet été, beaucoup de femmes se sont tournées vers l'hôpital Font-Pré. Un afflux. Du coup, « nous avons eu des sorties précoces de mamans », pointe Maëlle David, sage-femme libérale à Toulon. « La seule variable d'ajustement, par rapport au nombre de lits, ce sera la durée de séjour après l'accouchement », s'accordent les participants. Avec des retours plus tôt à la maison, « quand le bébé est encore en perte de poids et que l'allaitement n'est pas installé ». Du coup, « ce sont toutes les femmes de Toulon qui sont concernées, pas seulement celles de l'ouest-Var ».
Transports : le casse-tête
Après la fermeture de la maternité de La Seyne, les maternités, publiques ou privées, seront toutes à l'est (2) de l'agglomération. Le maire Marc Vuillemot estime qu'on a pris en compte « la géographie sur la carte, mais pas une géographie vivante. Toulon est entre mer et montagne. Avec de gros chantiers : le second tube, le transport en commun en site propre, le goulet de l'autoroute, la construction de l'école d'ingénieurs. »
Par contre, insiste Jacques Petit, gynécologue à La Seyne, « les réserves foncières sont à l'ouest, de gros projets de développement économique sont menés dans cette zone ». Le pôle mer, en premier, censé attirer des cadres de toute la France. « Mais pour ça, il faut des équipements publics », renchérit le maire de La Seyne.
Qui sera responsable ?
Ils sont plusieurs à vouloir engager la responsabilité de l'État. Le Dr Petit s'interroge : « On sait que l'obstétrique, c'est du haut risque. En un quart d'heure, on se retrouve en grande urgence. On a nos assurances, notre éthique, OK. Mais si je me retrouve devant le juge, je voudrais impliquer les directeurs hospitaliers »,lance-t-il.
« Votre responsabilité sera cantonnée à votre acte. On ne peut pas vous demander de prendre la place d'un service public », répond Me Sophie Caïs, avocate au barreau de Toulon.
Les participants se sont quittés sur l'idée d'une pétition, propre aux professionnels de santé, de l'ouest-Var et de l'agglomération.
1. Parmi la trentaine de participants, étaient notamment présents : de nombreuses sages-femmes libérales de Toulon et l'ouest-Var, dont un membre du conseil de l'ordre des sages-femmes ; plusieurs médecins dont des gynécologues, ex-gynéco-obstétriciennes, pédiatres, radiologue ; le directeur de la clinique du Cap d'Or à La Seyne ; un médecin hospitalier de la maternité de La Ciotat.
2. Maternités publiques : Sainte-Musse à Toulon et celle de l'hôpital d'Hyères. Privée : clinique Saint-Jean à Toulon.
source: Sonia Bonnin - var matin








