08 mars 2012: Une date ancrée dans la mobilisation

La fermeture programmée de la maternité et du centre IVG de La Seyne est pour le collectif de défense d’accès aux soins une atteinte à la santé et aux droits des femmes. Le 8 mars sera dédié à cette question avec une conférence débat organisée en mairie de La Seyne
8 mars 2012. A l’occasion de la journée des femmes, le collectif de défense d’accès aux soins organise jeudi à La Seyne une conférence débat traitant notamment des droits des femmes en matière de santé.
La journée des femmes trouvera son ancrage dans la mobilisation pour la défense de la maternité et du centre d’intervention volontaire de grossesse (IVG) de La Seyne, dont les disparitions programmées priveront l’Ouest Var de deux services de proximité essentiels. Pour les défenseurs de l’hôpital public ce manquement est tout bonnement une atteinte aux droits des femmes et à leur sécurité. Aussi, à l’occasion de la date symbole du 8 mars, le collectif de défense d’accès aux soins propose-t-il d’ouvrir le débat sur la question jeudi à 18h30 en salle du conseil municipal à La Seyne.
Contraception, grossesse, IVG seront au cœur d’une première discussion. Cette thématique verra l’intervention de Nicole Roussel, présidente du Planning familial du Var. Cette dernière observe de vraies carences en matière d’éducation sexuelle d’une part – « Une loi de 2001 prévoit trois séances d’éducation à la sexualité de la grande section de maternelle jusqu’en terminale. Elle n’est pas appliquée. Or il est important que quelqu’un réponde aux enfants à chaque âge et selon leur évolution ». Elle relève aussi un problème de tabou sur la sexualité des jeunes, et « une sexualité pas reconnue ou acceptée est une sexualité à risque ».
Obstacles à accéder à la contraception et aux IVG
Nicole Roussel constate en deuxième lieu un problème majeur en matière d’accès à la contraception. A ce propos elle rend compte du cri d’alarme d’Israël Nisand, gynécologue grand défenseur des femmes et de leurs droits en matière de contraception et d'IVG. « Les centres de planification n’existent que dans les grandes villes, ailleurs il n’y a rien. » De même, elle déplore les obstacles qui se dressent pour accéder à l’IVG dans le Var : hors hôpitaux « il n’y a que deux médecins conventionnés pour pratiquer la méthode médicamenteuse permettant une IVG précoce ». Passé les délais, le dernier recours sera l’IVG lourde, par chirurgie. La fermeture supplémentaire d’un centre, celui de La Seyne, pour orienter les femmes vers un « super hôpital » - « comme si elles avaient besoin d’un super hôpital pour ce type d’intervention » -, ajoutera de la difficulté à une situation déjà compliquée. « Ce qui est utile aux femmes et notamment aux jeunes filles, c’est de proximité et de rapidité. Car elles risquent d’être hors délai », note Nicole Roussel.
Pour Jean-Louis Boissonnade du collectif de défense d’accès aux soins, « il paraissait essentiel d’aborder la remise en cause de l’accès aux IVG ». Il rappelle à ce propos qu’en dix ans quelque 179 centres ont été fermés en France, « c’est une réelle atteinte aux droits fondamentaux des femmes à disposer de leur corps ».
Quels services de santé pour demain ?
Au-delà du constat, il s’agira également de formuler des propositions dans le cadre d’un débat avant de soulever une autre question : quels services de santé pour demain ? Financement de l’assurance maladie ; problématique de l’hôpital public ; dépassement d’honoraires ; déserts médicaux, etc. Autant de points seront à évoquer. « 75% des Français trouvent que cette thématique n’est pas suffisamment traitée par les candidats à la présidentielle », indique le collectif qui vous invite à vous en saisir. Deux heures de débat sont prévues. Elles s’annoncent des plus denses. D’autres actions seront programmées en mars et en avril dans la continuité du combat pour la défense de la maternité et du centre IVG de l’Ouest toulonnais.
source: NIRINA THOREAU - www.lamarseillaise.fr








