L'Estanco, un resto les pieds dans l'eau... malgré lui à La Seyne

En 2007, le gérant de l'Estanco pouvait encore installer trois rangées de matelas sur la plage (à gauche). Quatre ans plus tard, c'est impossible : la plage a disparu. photo: Marielle Valmalette
mar vivo - Pour la deuxième année consécutive, l'établissement a ouvert sans plage. A cause de l'érosion, impossible de sortir les matelas
L'année dernière déjà, la saison avait été mauvaise. La plage de Mar-Vivo, victime d'érosion depuis quelques années, était restée ensevelie sous les eaux. « Cette année, je pensais que ça irait. ça fait trente ans que je suis là, et la plage disparaît par cycle, tous les quatorze ans, ou tous les sept ans. Peut-être un des effets de la lune...», s'interroge Hervé Forest, le gérant de l'Estanco beach.
La saison était pourtant bien partie. « En avril et mai, il y avait encore une bande de sable devant ma terrasse. Elle a disparu en juin ! Je n'ai jamais vu une plage se désensabler au printemps », poursuit le patron.
Résultat : le resto baigne dans la mer. Sympa pour le côté « les pieds dans l'eau », mais Hervé Forest s'inquiète. D'autant que cette fois, la terrasse en bois fait office de plongeoir : le sable qui montait à hauteur du plancher s'est retiré plus d'un mètre plus bas.
L'Estanco ne peut quasiment plus proposer de matelas à ses clients. « J'en ai sorti dix, que j'ai mis sur le côté. Avant, je pouvais en sortir trois rangées, soit quarante matelas de plus ! », souligne le gérant.
Perte financière
Hervé Forest bénéficie d'une concession jusqu'en 2016. Mais d'ici là, qui sait si le resto ne sera pas totalement noyé ? Il craint pour la pérennité de son établissement. Financièrement, sans la location des matelas, l'affaire n'est plus très rentable. « L'année dernière, j'ai perdu 30 000 euros. Cette année, ça va être pareil. En plus, j'ai commencé à travailler tardivement, à cause des travaux de la station de relevage. Je n'ai pas pu ouvrir normalement avant le 25 juin, car la baignade était interdite par mesure de précaution », explique-t-il.
En plus d'un loyer mensuel de 900 euros pour le local privé du restaurant, le gérant paie à la Ville une redevance de 5 400 euros par saison pour utiliser sa terrasse de 50 m2, et un droit d'exploitation de plage de 110 m2.
La plage ayant disparu, ne lui reste que la terrasse... Et les trois employés, qu'il faut bien payer.
Aussi, Hervé Forest espère-t-il que la mairie lui accordera une remise sur la facture... Histoire de limiter la casse.
source: Marielle Valmalette - var matin




