150 caravanes ont investi le stade Léry

Photo: Anastasie Viala
Lundi vers 14 h, au lendemain de leur arrivée, l'ambiance qui règne semble pourtant idyllique. Une pelouse moelleuse comme un tapis, un ciel bleu et sans nuages, des enfants jouent, les femmes rangent, débarrassent, certains partent à la plage.
La veille, environ 150 familles de la communauté évangélique des gens du voyage se sont installées, avec voitures et caravanes, sur le stade Léry.
Seulement, comme d'habitude, les choses ne se sont pas faites dans la sérénité. Comme d'habitude, les « voyageurs » ont dû forcer le passage pour y entrer. Sans autorisation. Toujours le même problème : il n'y a pas d'endroit alentour prévu pour accueillir une telle concentration.
Malgré la loi qui impose aux préfectures de prévoir une aire dite de grand passage : c'est-à-dire une superficie de 3 hectares minimum, permettant d'accueillir jusqu'à 300 caravanes, avec approvisionnement en eau, sanitaires et enlèvement des ordures.
Une sorte de latence juridique, au même titre que les aires d'accueil d'une cinquantaine d'emplacements qui incombent aussi aux communes de plus de 5 000 habitants…
La ville veut négocier leur déplacement
Le seul dénouement se trouve entre les mains du préfet. Celui-ci, après que la municipalité l'a sollicité, peut ordonner l'expulsion, avec, dans le pire des cas, le recours à la force publique.
Les Gitans ont alors généralement une quinzaine de jours pour lever le camp. Et dépendent, en attendant, du bon vouloir de la municipalité pour ce qui a trait à l'accès à l'eau, à l'enlèvement des ordures, etc.
Pour le délai de quinze jours, les gens du voyage ici concernés doivent de toute façon se rendre dans le Loiret, le 18 août, pour un grand rassemblement de leur communauté, où se rassemblent généralement 6 000 à 7 000 caravanes.
Ce qui préoccupe surtout les élus Seynois, c'est l'état du terrain après leur départ : « Avec les allées et venues des véhicules, ça coûtera au moins 30 000 euros de tout remettre en état », s'inquiète l'adjoint aux sports, Toussaint Coddaccioni. « Sans compter que l'USS (le club de rugby de La Seyne) devait reprendre les entraînements ce lundi… » Ils iront en attendant s'entrainer au stade Marquet. Quant au référé transmis au préfet, « il doit partir dans les heures qui viennent», précisait lundi Raphaëlle Leguen, première adjointe au maire.
Parallèlement, elle devait également se pencher sur un éventuel déménagement : « Une aire est prévue de longue date à Six-Fours. Nous allons voir où ça en est. Et nous allons étudier la possibilité d'exploiter deux autres terrains à La Seyne qui appartiennent à TPM, en apportant, si cela se fait, notre aide, notamment pour désobstruer les accès…»
Et en attendant, les sanitaires, l'enlèvement des ordures ? « Nous serons obligés d'assurer le ramassage des ordures, c'est une question de salubrité publique. Pour le reste, nous n'avons encore rien décidé. Nous devons rencontrer les représentants.»
source: Jérôme Poillot - var matin