Une deuxième arrivée de caravanes au stade Léry

Depuis fin juillet, la pelouse ne peut plus être arrosée. C'est le principal problème, avant la rentrée de l'Union sportive seynoise et des lycéens. De gauche à droite : Jean-Jacques Bres, Pierre Bonnabel et Marcel-Paul Magagnosc, de la mairie de La Seyne. Photo Dominique Leriche
Une peau de léopard : des tâches sur une pelouse encore verte. D'un point de vue sportif, c'est nul. « Regardez ! Là, l'herbe est brûlée. C'est une cata », décrit Jean-Jacques Bres, directeur des sports à la mairie de La Seyne.
Depuis fin juillet, le stade Léry a été mis non pas à l'épreuve sportive, mais à celle des caravanes. Cent cinquante familles de gens du voyage sont arrivées fin juillet. Quarante-cinq autres, mi-août. Pas de mi-temps pour la pelouse. « Traditionnellement, entre juin et septembre, on travaille à enraciner la pelouse, pour qu'elle puisse tenir la saison », argumente Jean-Jacques Bres. « Là, même si on re-sème, l'herbe n'aura pas le temps de se ré-enraciner ».
Il en va ainsi des terrains sportifs, quand ils subissent l'assaut des pneus des voitures et camions. Ils capotent. Pour retrouver une santé, il y en aura au moins pour « un mois et demi ».Avant de pouvoir y faire la moindre mêlée. Au mieux, fin octobre.
Trois propositions
À La Seyne, cette expérience est nouvelle. « C'est la première fois que nous avons des gens du voyage, sur un équipement public sportif utilisé », souligne Marcel-Paul Magagnosc. Le directeur des services techniques de la mairie insiste sur le caractère non-belliqueux des échanges avec les gens du voyage. « Il n'y a a pas la guerre avec eux. Le maire sait bien que le Var est hors-la-loi, à cause du manque d'aire d'accueil ».
Les familles actuellement installées ont été reçues en mairie, vendredi dernier. « On leur a fait trois propositions. S'installer sur le stade de Berthe. Ou bien, hors de la pelouse, mais toujours aux abords de Léry, en leur laissant la pelouse accessible », énumère Jean-Jacques Bres. « Sinon, on leur a demandé au moins de mettre les caravanes le long des grilles, pour sauver la pelouse ».
Selon lui, les gens du voyage n'auraient pas respecté leur engagement verbal de ne pas rentrer les voitures. Bref, les deux équipes n'ont pas pactisé.
Aucun match officiel avant novembre
La reprise progressive des entraînements de rugby aurait dû se faire depuis le 5 août. D'abord avec les seniors. En septembre, toutes les équipes de l'Union sportive seynoise feront leur rentrée. Idem pour les lycéens de Langevin. Tous se rabattront sur les deux autres terrains, de la ville, Marquet et Léry 2(1). « On va charger ce terrain et le sacrifier pour les entraînements », reconnaît Jean-Jacques Bres.
Le stade Léry ne pourra accueillir aucun match officiel avant novembre. « On demande aux clubs de rugby d'inverser tous les matchs des mois septembre - octobre, pour faire les rencontres d'abord à l'extérieur ».
Les rugbymen devront apprendre le jonglage, en plus du plaquage.
Rencontrés mardi soir aux abords du stade, Grégory et Johnny, deux représentants de la communauté, confirment avoir été reçus en mairie la semaine dernière. « Il y a eu une rencontre en effet, mais les propositions n'étaient pas acceptables. C'était dangereux pour les enfants. Ici, le camp est propre et nous essayons de préserver au maximum la pelouse. Nous comprenons les problèmes de la Ville, que nous remercions d'ailleurs, mais le jour où il existera dans le Var des aires, comme c'est le cas dans d'autres départements, ce sera plus simple pour tout le monde. Dimanche, on sera parti ».
1. Léry 2 est un second terrain, à proximité directe, qui n'est pas homologué pour recevoir des matchs officiels.
source: Sonia Bonnin - var matin






