La Seyne: des échanges de coups de feu en plein centre-ville

C'est à cet endroit que la fusillade a eu lieu jeudi, vers 23 h 45. Photo: Dominique Leriche
Règlement de comptes au cœur de La Seyne-sur-Mer. Jeudi soir, vers 23 h 45, des coups de feu ont été échangés sur la place Daniel-Perrin dans le centre-ville. Selon plusieurs témoins, des riverains discutaient tranquillement au pied de leur immeuble lorsqu'une voiture a surgi et s'est arrêtée à leur hauteur.
Un homme aurait fait feu en direction du groupe, une fois. Un court instant après, deux autres coups auraient retenti : un des riverains serait monté dans un appartement pour répliquer, depuis la fenêtre, avec un fusil à canon scié. L'un des passagers du véhicule a été touché au niveau du cou. Les assaillants auraient pris la fuite aussitôt après.
L'hypothèse d'une vengeance
Six protagonistes ont été interpellés dans la foulée par les policiers et placés en garde à vue : trois du côté des riverains de la place Perrin et trois du côté des assaillants, dont le blessé. Hors de danger, ce dernier était toujours hospitalisé hier soir.
Le commissaire Jean-Claude Chautrand, à La Seyne, parle d'une « situation embrouillée ». Une vendetta entre deux familles de gens du voyage sédentarisés, liée à une affaire qui remonte au mois de juin, constitue une hypothèse sérieuse.
Une vengeance ? Le 13 juin, un homme avait tiré sur son ex-petite amie, issue d'un autre clan, et, interpellé, il s'était suicidé quelques jours plus tard à la maion d'arrêt de La Farlède. La jeune femme en question fréquentait la famille visée jeudi soir.
L'enquête qui s'ouvre (un juge d'instruction va être désigné) devra dire si la place Daniel-Perrin a été le théâtre d'une expédition punitive. « Il s'agit de circonscrire le mobile au-delà du déroulement des faits(de jeudi soir, Ndlr) », indique une source judiciaire.
Des complices recherchés
Le parquet de Toulon va ouvrir aujourd'hui une information judiciaire pour « tentative d'assassinat, tentative de meurtre et association de malfaiteurs » et requérir le placement en détention provisoire des protagonistes.
Selon une source judiciaire, les enquêteurs vont également rechercher d'éventuels « complices ou co-auteurs ».
" Nos enfants ont eu peur "
Une cinquantaine de plombs, tirés avec le probable fusil a canon scié utilisé lors de la fusillade de jeudi soir, ont atterri à plusieurs dizaines de mètres au deuxième étage d'un immeuble, en face. Si elles ne sont pas les seules à souhaiter un renforcement de la présence policière dans le centre-ville, quatre mères de famille ont, elles, décidé de se rendre en mairie : « Nos enfants sont traumatisés, ils ne veulent plus dormir à la maison », a dit l'une au directeur de cabinet du maire, Gilles Teisseire, qui les a reçues. « Nous nous sommes couchés dès que nous avons entendu tirer, lance une autre, excédée. Mais imaginez si nous étions debout à la fenêtre! Les policiers ne sont bons qu'à mettre des PV ! »
Leur interlocuteur, s'il a dit comprendre leur traumatisme, leur a surtout conseillé de s'adresser au préfet ou à la police nationale : « Quand des coups de feu sont tirés, ce n'est pas à la police municipale d'intervenir, mais à la police d'Etat. »
Interrogé à ce sujet, le commissaire Chautrand n'envisageait pas, hier, de renforcer les effectifs sur le secteur, mais, a-t-il promis, « nous aurons un œil plus attentif ».
source: Jérôme Poillot - E. M. - var matin