Les écoles Malsert étrennent le pédibus

Chasuble fluo sur le dos, l'autobus pédestre pouvait prendre le chemin de l'école, sous la surveillance d'adultes accompagnateurs. Photos: Dominique Leriche
Jusqu'au 25 septembre, c'est la Semaine européenne de la mobilité. Afin de promouvoir une manière de se déplacer autrement, la municipalité organise toute cette semaine des opérations de sensibilisation au pedibus dans les écoles primaires.
« C'est une bonne solution à la problématique des abords des écoles, difficilement praticables en voitures le matin», argumente la première adjointe, Raphaëlle Leguen.
Et hier matin, en haut de l'avenue Jean-Jaurès, ce concept d'autobus pédestre encadré par un adulte accompagnateur a été éprouvé. Au départ, six enfants et une maman dévouée, Virginie, ont pris le chemin de l'école. La Ville a fourni à chacun une chasuble fluo afin d'être parfaitement visible des automobilistes.
Volontariat et tolérance
Un peu plus loin et après avoir « ramassé » d'autres écoliers, c'est une autre mère, Vanessa, et ses deux enfants qui sont venus grossir le rang et répondre aux obligations légales d'accompagnement. «Il faut un adulte pour six enfants », explique Eric Borello, agent municipal au service « énergie développement durable ».
Vanessa et Virginie sont avant tout parents d'élèves mais également employées à la Ville. Elles seront forcément un peu en retard au travail mais leur employeur leur accorde le droit de rattraper ces quelques minutes dans la journée. « Le pedibus ne peut fonctionner que sur la base du volontariat des parents. C'est donc normal que la ville donne l'exemple », insiste Mme Leguen. « On espère que les chefs d'entreprise feront aussi preuve de tolérance avec leurs salariés. »
Les enfants, quant à eux, semblaient ravis de faire un bout de chemin entre copains. « Ça réveille en plus », commentait l'un d'eux.
Dans les autres écoles, un technicien est présent cette semaine pour répondre aux questions des parents et expliquer l'organisation. Peut-être que, comme à Malsert 1 et 2, écoles-pilotes, d'autres leur emboîteront le pas.
Le pedibus ne marche pas partout
Il y a deux semaines, nous évoquions la colère de parents d'élèves suite à la disparition de la ligne de ramassage scolaire, au départ du Mont des oiseaux, vers les écoles Malsert.
Cette ligne, mise en place il y a plus de trente ans par la municipalité, n'était plus rentable aux dires de certains élus. L'alternative du pedibus a donc été retenue, voire imposée, selon ces parents.
Ceux-ci réclamaient « au moins » la sécurisation du parcours : « Pas de trottoirs, des travaux… On est obligés de faire gauche-droite tout le temps. Même nous, parents, on ne se sent pas en sécurité ».
La Ville avait promis de se rendre sur place pour constater les problèmes et effectuer, le cas échéant, des aménagements. « Mais pour toute amélioration, la ville n'a prévu que des petits pas bleus dessinés sur le bitume », disait hier matin une maman désabusée.
« Alors, avec d'autres parents du Mont des oiseaux, nous avons fait une pétition que nous avons déposée en mairie pour demander le retour du bus. » Un bus qui, selon elle, avait toute légitimité puisqu'il était utilisé par 27 enfants. « C'est faux,répondent des élus.Certains jours, le bus ne partait qu'avec trois enfants. S'il y en avait réellement 27, on l'aurait conservé. » Il reste des comptes à régler…
source: Jérôme Poillot - var matin