Encore une semaine sous pression

Mercredi matin devant la préfecture de Toulon. (photo: BRUNO ISOLDA)
Mercredi la séance de la commission départementale de l’Education nationale a été levée sans que les syndicats, les parents d’élèves et les élus puissent prendre la parole
Ils étaient tous au rendez-vous hier matin devant la préfecture de Toulon alors que devait siéger la commission départementale de l’Education nationale (CDEN). Instance qui sera boycottée par une majorité des participants.
Dans le même temps, parents d’élèves, enseignants, élus de gauche, militants du Front de gauche, citoyens sont venus dénoncer la casse de l’école publique, la nouvelle vague de suppression de postes : 57 postes rendus, une palanquée de classes fermées, 46 postes « RASED » supprimés… Avec tout ce qui en découle : baisse de la scolarisation des enfants de 2 ans, augmentation des effectifs par classes, pénurie de remplacements. Pancartes et banderoles sont de sortie. Tous ceux qui étaient sur le pont mardi en multipliant les actions. Zunino 2, La Tauriac, Pont Neuf, mais aussi La Vernette à Sanary, Hyères, La Dédière et Jean de Florette de Saint-Cyr, Renan de La Seyne qui semble se dessiner l’annulation de la décision de fermeture d’une classe. Et puis tous les autres.
Comme à Debussy, à la Rode. L’école connaît la fermeture d’une classe pour la deuxième année consécutive, alors qu’elle contient une classe adaptée pour les aveugles. « Nous avons déjà trois cours doubles en primaire, il y en aura une de plus l’an prochain. On assiste au sabotage de l’école publique », conclut Michèle Lherminier, enseignante et déléguée CGT.
Chacun maintient la pression, coûte que coûte.
Nouvelle réunion le 2 mars prochain
En ressortant de la préfecture, représentants syndicaux, des parents d’élèves et les élus expriment leur colère* : ils « sont choqués face à l’attitude méprisante du premier représentant de l'Etat dans notre département. Ce dernier a refusé la lecture d’une déclaration unitaire visant à dénoncer les suppressions de postes dans l’Education nationale.
Le Préfet a levé la séance du CDEN sans attendre que les représentants des parents d'élèves, des personnels enseignants, des associations et certains élus ne pénètrent dans la salle de réunion. Face à ce déni de démocratie, nous appelons à maintenir et à développer la mobilisation. L'école publique mérite mieux que le mépris ! »
« Du jamais vu. Scandaleux. Le préfet est vraiment un représentant de l’Etat sarkoziste », estime le conseiller régional socialiste Robert Alfonsi. « Même du temps de Marchiani, on n’avait pas vu ça », ajoute Emmanuel Trigo (Snuipp 83).
La prise de parole sera finalement faite devant les manifestants : « Le projet de loi de finances de 2012 confirme l’entêtement idéologique du non-remplacement d’un fonctionnaires », déclare Patricia Traduction : 5700 enseignants supprimés en primaire, 6500 dans le second degré alors qu’il est prévu 25 000 élèves de plus dans les collèges et lycées. « Ces nouvelles coupes claires sont inacceptables », surtout quand on sait que les écarts scolaires se creusent « à la défaveur des plus démunis ». « Nous voulons mettre un terme au démantèlement organisé du service public de l’Education. » Un appel à la mobilisation a été lancé : « Rien n’est figé », déclare Manu Trigo, en attendant le prochain CDEN qui se tiendra en préfecture le 2 mars prochain.
source: G. DE SAINT VULFRAN - la marseillaise