Les urgences varoises sollicitées pour cause de grippe

Pas de fréquentation exceptionnelle, hier, aux urgences de l'hôpital Font-Pré à Toulon. (photo: Luc Boutria)
L’épidémie de grippe a entraîné une hausse sensible de l’activité des urgences des hôpitaux varois. Seules celles du centre hospitalier hyérois ont été momentanément saturées hier matin
Samedi, Patrick Pelloux, le président de l'Association des médecins urgentistes de France, connu pour avoir révélé, en 2003, l'ampleur de la canicule meurtrière, a jeté un nouveau pavé dans la marre. Dans un communiqué, il affirme que « l'hôpital est au bord de la crise de nerfs » en raison de l'épidémie de grippe qui, depuis une dizaine de jours, provoque « la saturation » des services d'urgences dans la plupart des régions.
Solidarité entre établissements
Qu'en est-il dans le Var ? Hier, si l'activité des urgences était effectivement soutenue par rapport à la normale, la situation était sensiblement différente d'un établissement à l'autre. À Hyères, les urgences ont ainsi affiché complet très vite. « Hier, malgré une activité soutenue, on a réussi à gérer. Mais, aujourd'hui(lire hier), dès 8 heures du matin, les urgences étaient saturées. On a été obligé d'en appeler à la solidarité des autres centres hospitaliers du département et de mettre en place, en accord avec l'Agence régionale de santé, une nouvelle organisation, plus efficace », explique Muriel Laplacette, administratrice de garde. Le médecin urgentiste Olivier Seguin complète : «En vingt-quatre heures, on a accueilli 108 personnes, contre 69 il y a un an à la même heure. Notamment beaucoup de personnes âgées présentant des problèmes respiratoires, qui peuvent déboucher sur des complications cardiaques. Il nous a fallu libérer des lits dans les autres services de soins, y compris en chirurgie. Le temps de s'organiser, on a demandé que les ambulances et pompiers soient détournées vers les autres centres hospitaliers. »
À l'hôpital Emile-Bonnet, à Fréjus Saint-Raphaël, les urgences voient également passer beaucoup de monde. Là encore, des personnes âgées souffrant de difficultés respiratoires. Depuis une dizaine de jours, les urgences ont à gérer 120 passages. « Une petite journée d'été », lâche un médecin, qui refuse de parler de saturation.
Recherche de lits
Même tendance à Draguignan. Après les grosses alertes lancées par l'Agence régionale de santé mardi et mercredi derniers, la situation semble s'être calmée. « Ça fluctue, mais on ne peut pas parler de suractivité. Avec 17 patients, plus 5 non vus à la mi-journée, c'est relativement calme. On n'est pas confrontés non plus à des symptômes grippaux à proprement parler (...) On a encore quatre lits libres aux urgences et cinq dans les services de soins et de chirurgie », affirme Frédéric Lugbull, le directeur adjoint de l'hôpital.
Ce n'est pas le cas à l'hôpital de Brignoles, « sous tension » depuis une semaine et qui a dû faire face à une hausse d'activité de l'ordre de 15 % par rapport à la normal. Hier midi, la situation était calme, en revanche. De même qu'au Centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne, où« aucun problème majeur n'a été constaté ce matin », selon la direction.
Surprenant au vu des déclarations du Dr Vincent Carret, le chef du service. Certes en repos depuis quarante-huit heures, ce dernier rappelle que « le pic épidémique n'est pas encore passé », qu'il convient de « rester vigilant ». Montrant du doigt les établissements d'hébergement des personnes âgées dépendantes (Ehpad) et autres maisons de retraite, qui « bottent en touche très rapidement vers les hôpitaux », l'urgentiste toulonnais déclare avoir passé « une grande partie de la semaine à libérer des lits pour faire face au nombre croissant de malades atteints de la grippe ».
source: Pierre-louis pagès - var matin


