La "mue" de l'IUFM à La-Seyne choque dans un quartier en mutation

Situé sur le boulevard Toussaint-Merle, l'IUFM a été construit en 2004. Problème : le revêtement extérieur ne cesse de s'écailler en raison d'une malfaçon dans la fabrication des panneaux en bois - Agrandir - cliquez ici
Le vernis des panneaux de bois qui recouvrent l’établissement ne cesse de se dégrader. Une situation qui préoccupe la direction, mais aussi les habitants du quartier
«Nos adhérents nous ont fait part de leur inquiétude quant à l'esthétique du bâtiment de l'IUFM, dont le revêtement est en pleine pelade », explique Andrée Patiès, présidente du CIL des Mouissèques. Soucieux de l'évolution du cadre de vie dans ce quartier en pleine transformation, les riverains pensaient que le bâtiment était « recouvert d'une couche de protection qui serait enlevée à la fin des travaux. Mais cela fait des années que cela reste en l'état. Nous voulions donc savoir quand serait retiré ce film plastique qui part en lambeaux », ajoute Mme Patiès. La réponse de la direction de l'établissement a surpris tout le monde…
« Des malfaçons »
« Il est vrai que nous sommes régulièrement interpellés sur cette question,confirme d'entrée Martine Colmars, la directrice du centre de formation.Beaucoup de gens nous demandent si on travaille au bâtiment qui pèle(sic). Nous sommes sensibles à l'image que reflète l'IUFM, et ces réflexions ne sont pas très valorisantes. Certains riverains ont même mis en relation l'aspect dégradé avec la possible disparition de l'IUFM ».
« En fait, poursuit Philippe Renard, responsable technique du site de formation, cette dégradation n'est pas liée à une quelconque couche de protection que nous aurions oublié d'enlever. Il s'agit d'une malfaçon des panneaux en bois qui recouvrent trois des quatre pans du bâtiment. Soit près de 3 000 m2». Ce constat a d'ailleurs été validé par des experts mandatés par l'assureur du maître d'ouvrage (le conseil régional). « Ils ont bien constaté une malfaçon, en tout cas une qualité de réalisation qui ne répond pas au cahier des charges », complète M. Renard.
Le fabricant aux abonnés absents
Pour remédier au problème, la direction de l'IUFM n'a pas ménagé ses efforts. « M. Renard et moi avons pris nos fonctions en septembre 2011, rappelle Martine Colmars. Nos prédécesseurs avaient déjà alerté notre tutelle sur ce défaut de fabrication. Photos à l'appui, nous avons ensuite relancé l'Agence régionale d'équipement et d'aménagement (Aréa), basée à Marseille, qui avait été mandatée par le conseil régional pour la construction du bâtiment. Mais rien n'avance ».
Pourquoi cette inertie ? « Visiblement,reprend Philippe Renard, les services juridiques de l'Aréa n'arrivent pas obtenir gain de cause auprès du fabricant de ces panneaux, en l'occurrence une société espagnole qui fait la sourde oreille ». « Nous sommes à trois ans de l'échéance de la garantie décennale, ajoute Martine Colmars, inquiète que «celle-ci arrive à son terme et que l'on ne puisse plus rien faire ». « Du coup, nous avons demandé à la Région s'il n'était pas opportun de saisir la justice pour clarifier cette situation », complète M. Renard.
Les réponses se font attendre et, lassés que leur bâtiment soit montré du doigt, les responsables de l'IUFM espèrent que le problème pourra être réglé d'ici la prochaine rentrée. Les riverains aussi : « Dans un quartier précurseur en matière d'architecture, et avec les grands projets annoncés (le casino, le musée, la rénovation du bâtiment CPM, etc.), l'esthétique de l'IUFM fait un peu désordre », abonde Andrée Patiès.
source: M.G. - var matin


