Région PACA: Marie-Claude Arnoux, pétrie de talents

Marie-Claude Arnoux ( photo: © Garufi - Région PACA )
Faire lever la pâte pour en régaler les gourmands et les accros du pain « maison » est le pari quotidien de Marie-Claude Arnoux. Le 1er Prix régional de la création d’entreprise artisanale au féminin récompense une amoureuse de son art
« Dans l’esprit des gens, je suis la femme du boulanger. » C’est pourtant vrai puisque Marie-Claude a débuté dans la profession en épaulant son mari qui avait repris l’affaire familiale à La Bastide-des-Jourdans (Vaucluse). Sitôt ses deux mains mises dans la pâte, elle commence une aventure qui n’est pas près de s’arrêter.
Et malgré des parenthèses professionnelles dans l’aéronautique, le management ou la vente, elle veut en apprendre toujours plus. Ne pouvant satisfaire sa soif de connaissance en pâtisserie auprès de son boulanger de mari, elle décide de suivre une formation : « tout ce que je sais en pâtisserie, je l’ai appris de mes maîtres d’apprentissage », assure-t-elle.
«Dans l’esprit des gens, je suis la femme du boulanger»
Faisant ses classes au CFA (Centre de formation d’apprentis) Saint-Roch d’Avignon, Marie-Claude se familiarise avec les techniques et les savoir-faire en pâtisserie dans deux entreprises de Pertuis et Manosque. Avec la tenue d’une boulangerie à La Tour d’Aigues, d’un commerce de glaces à Ansouis et l’actuelle boulangerie-pâtisserie de Pertuis, ses talents essaiment de jolis coins de Provence et aiguisent bien des appétits. « Ma récompense quotidienne, c’est le sourire et les compliments des clients. J’y vois la reconnaissance de mon travail. »
« En total décalage »
Une reconnaissance également soulignée par un 1e Prix régional de la création d’entreprise artisanale au féminin en 2010, à l’initiative des Chambres de métiers de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pourquoi la boulangerie et la pâtisserie demeurent-elles assez peu pratiquées par les femmes ? Réponse de la principale intéressée : « c’est incontestablement un métier dur ! La pénibilité est une véritable barrière. C’est un travail usant et très spécifique, par exemple on est en total décalage pendant les périodes de fête pendant lesquelles le rythme s’accélère encore ».
Alors quelles recettes recommande Marie-Claude pour garder le rythme ? « Je fais un peu de course à pied et du vélo pour être plus endurante à l’effort. Ça me permet aussi de muscler le dos, très sollicité dans mon métier ». Un autre aspect important du métier consiste à s’adapter à différentes conditions, comme par exemple le climat. « Lorsque le temps est humide, il est primordial de cuire un peu plus la pâte car elle ramollit plus vite. En revanche, quand il fait froid, il devient rapidement plus sec. Donc on hydrate plus la pâte pour qu’il garde sa souplesse ». À bon entendeur…
Transmission et traditions
Aujourd’hui, Marie-Claude mène en parallèle deux métiers auxquels elle est très attachée. Des années de pratique et de savoir-faire l’ont d’ailleurs conduite à devenir maître d’apprentissage. « J’ai eu une apprentie en pâtisserie il y a deux ans. Je me rappelle qu’elle était très douée, se souvient-elle.
De manière générale, ce qui importe de transmettre aux jeunes ce sont la méthode, la rigueur et la persévérance. Des qualités indispensables pour faire des bons produits chaque jour quelles que soient les conditions », selon elle. Cette passion se transmet aux apprentis mais aussi à ses trois enfants âgés de 23 et 20 ans côté filles et de 16 ans côté garçon. « Je suis heureuse de savoir qu’ils sont tous les trois capables de faire du pain et ont aussi des connaissances pour les gâteaux. À chaque période de fête, dès qu’ils le peuvent ils viennent donner un coup de main. En revanche, je ne crois pas qu’ils en feront leur métier », ajoute-t-elle.
Alors que réserve l’avenir à Marie-Claude ? Certainement la poursuite de du travail dans le respect des règles et des traditions. En effet, avec le Groupement des boulangers de Vaucluse, elle a remis au goût du jour la fabrication d’un pain traditionnel appelé « la Cigale ». Entièrement préparée à la main avec du blé concassé riche en fibres, cette baguette vient marquer son attachement au travail bien fait et aux traditions régionales.
source: Thierry Auffray - regionpaca.fr


