Des tableaux célèbres pour masquer les vitrines fantômes

Eric Marro présente quelques « simulations illustratives » donnant une idée de ce à quoi pourrait ressembler le centre ancien d'ici quelques mois. (photo: C. G. et DR)
Afin de remettre un peu de couleur en centre-ville, la municipalité envisage de recouvrir les devantures de magasins fermés avec des reproductions d’œuvres d’art célèbres
Croiser « Mona Lisa » ou « Les Nymphéas » en se promenant dans le centre ancien à La Seyne, plutôt que des vitrines à l'abandon, recouvertes d'affiches disgracieuses.
Cette idée originale est signée Eric Marro. Ce Seynois, qui dirige avec son épouse Francine Di Mercurio, l'association culturelle « Dojo théâtre », est également urbaniste de profession. « Je suis attaché à ma ville que je souffre de voir dans cet état. Et comme je cherche parallèlement à diffuser l'art et la culture, cette idée à germé ».
Le projet séduit la municipalité
Concrètement, il s'agit de recouvrir les vitrines de locaux commerciaux inoccupés, d'un film plastique coloré, au centre duquel on pourra découvrir une reproduction - taille réelle - d'une œuvre figurant dans la collection de grands musées français.
Du côté de la mairie, le projet a séduit d'emblée. « Florence Cyrulnik et Claude Astore(adjoints en charge du centre ancien et de l'urbanisme, Ndlr) ont adhéré tout de suite »,se félicite Eric Marro. L'association des commerçants du centre ancien soutient également la démarche.
Restait encore à déterminer les modalités exactes de ce projet, a priori sans équivalent. Il s'agissait déjà de délimiter quelles vitrines seraient concernées. Un premier tour du centre ancien a permis d'en compter une cinquantaine.
Finalement, le premier volet du programme va concerner 25 magasins.
« Concrètement, tous les propriétaires des boutiques non occupées, identifiés sur les fichiers du cadastre ont été contactés par la ville. Une convention sera signée avec eux. Ensuite les vitrines seront nettoyées puis le film plastique sera collé dessus. La durée de vie est estimée à deux ans, mais on espère bien entendu que les commerces trouveront preneur avant ce délai ».
Un programme « gagnant-gagnant »
Car au-delà de l'aspect artistique, l'idée est bien d'insuffler une dynamique positive dans le quartier.
Le projet se veut gagnant-gagnant. Pour les commerçants installés, il s'agit de profiter d'un environnement plus agréable ; pour les visiteurs -et notamment les croisiéristes-, l'effet de surprise devrait séduire. Les enseignants pourraient quant à eux trouver leur compte en organisant des cours d'histoire de l'art itinérants. Enfin, même pour les propriétaires de boutiques « recouvertes » la visibilité ne sera que meilleure.
Reste à présent à choisir les œuvres qui auront l'honneur d'être exposées dans les rues seynoises. « Il faut des œuvres adaptées en terme de taille, et qui soient connues du grand public, sans être dévoyées. Pas d'œuvres politiques ou choquantes non plus », détaille Eric Marro.
Un comité ad-hoc a été formé* et devrait présenter aux élus une première sélection d'œuvres en septembre. L'objectif étant de procéder à un vernissage pour les fêtes de fin d'année.
Parallèlement, les élèves des Beaux-arts seront sollicités afin de réaliser des œuvres sur les volets roulants, eux aussi souvent disgracieux. « Il s'agirait là d'œuvres plutôt classiques », précise Eric Marro, qui a déjà bien d'autres idées en tête pour développer son concept : « On pourrait y mettre des petits flashcodes** pour que les visiteurs puissent, avec leurs téléphones mobiles, obtenir des informations sur les tableaux. On pourrait aussi éditer des brochures disponibles en offices de tourisme pour des balades culturelles en centre-ville... »
Autant de pistes de réflexion qui pourrait contribuer à créer une nouvelle dynamique attractive pour le centre-ville.
* Le comité de sélection est notamment composé du directeur des Beaux-arts, d'un enseignant, du conservateur du musée de Balaguier, ou encore de la directrice du service de la culture.
** Ces pictogrammes composés de carrés peuvent notamment être décodés par des téléphones mobiles disposant du lecteur flashcode
source: Christophe Gaignebet - var matin






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