Le premier contrat de génération du Var

Signature du premier contrat de génération le mardi 09 mars 2013, avec l’ODEL Var, en préfecture de Toulon
Avec Laurent CAYREL, Préfet du Var "Le contrat de génération, une main tendue entre les générations et tournée vers l'emploi"
Var @ction : Quels sont les objectifs visés par le contrat de génération ?
Laurent Cayrel : Notre marché de l'emploi se caractérise par le chômage des jeunes et le faible taux d’emploi des seniors. Dans le Var, cette situation se traduit par plus de 9 479 jeunes demandeurs d’emploi et par 12 496 seniors demandeurs d’emploi. Or, dans la décennie à venir (2010-2020), 600 000 départs en retraite par an sont prévus alors que dans le même temps une arrivée massive sur le marché du travail de 700 000 jeunes qui vont sortir du système scolaire est attendue.
Dans ce contexte, le contrat de génération vise un triple objectif :
- faciliter l’accès durable des jeunes à un véritable emploi durable en CDI.
- favoriser le maintien ou le retour en emploi des seniors
- et assurer la transmission des savoir-faire, des compétences et de l’expérience entre deux générations.
Var @ction : Quelles sont les spécificités, les particularités de ces contrats de génération ?
Laurent Cayrel : La spécificité du contrat de génération, c’est de tourner le dos à l’idée selon laquelle l’accès des jeunes à un emploi durable doit se faire selon le système des vases communicants, où les salariés les plus âgés doivent partir pour laisser la place aux jeunes. Au contraire, avec le contrat de génération, l’insertion des jeunes va de pair avec le maintien en emploi des seniors. Le contrat de génération établit un trait d’union entre générations et agit contre le chômage.
La spécificité du contrat de génération, c’est aussi d’apporter un changement de regard : regarder les jeunes comme une chance et comme un investissement pour l’entreprise et reconnaître la valeur des salariés âgés, riches d’une expérience précieuse pour la performance de l’entreprise.
Var @ction : En quoi consiste le contrat de génération ?
Laurent Cayrel : C’est simple, le contrat de génération consiste : à embaucher un jeune de moins de 26 ans (ou plus de 26 ans si l’embauche intervient à la suite d’un CDD ou d’un contrat d’apprentissage ou 30 ans s’il est en situation de handicap) quel que soit son niveau de qualification, en CDI à temps plein ou à temps partiel (au moins 4/5e) et embaucher ou maintenir en emploi un senior de 57 ans et plus (ou à partir de 55 ans s’il est nouvellement recruté ou en situation de handicap)
Toutes les entreprises du secteur privé, quelle que soit leur taille, peuvent bénéficier du contrat de génération. Il suffit, pour cela, qu’elles contactent l’agence territoriale de Pôle Emploi la plus proche.
Var @ction : Le contrat de génération bénéficie-t-il d’aides financières ?
Laurent Cayrel : Oui, une aide financière de l’Etat est prévue pour le contrat de génération dont peuvent bénéficier les entreprises de moins de 300 salariés. Le contrat de génération étant couplé à l’embauche d’un jeune et au maintien en emploi ou au recrutement d’un senior, l’aide de l’Etat est de 2 000 € par an pour l’embauche d’un jeune et de 2 000 € par an pour le recrutement ou le maintien en emploi d’un senior, soit 4 000 € par an pour une durée maximale de 3 ans, soit au total 12 000 € par contrat de génération. Cette aide est versée trimestriellement par Pôle Emploi. Il convient de préciser que 95,5% des entreprises sont éligibles à cette aide de l’Etat.
Var @ction : Quel est votre mot de conclusion ?
Laurent Cayrel : En conclusion, j’invite tous les chefs d’entreprises, artisans et commerçants à se saisir de cet outil et à s’en saisir vite. C’est leur intérêt. C’est une opportunité pour les entreprises. N’attendez pas que vos salariés les plus âgés partent en retraite pour les remplacer car cela sera déjà trop tard. La mémoire, l’expérience et les compétences accumulées par votre entreprise seront définitivement perdues.
Le contrat de génération est autant un outil pour développer la compétitivité et la performance des entreprises qu’un outil de développement de l’emploi.


