
Jennifer… Je l’ai connu, elle avait onze ans, et déjà une voix époustouflante. Jean, son père, musicien, chantait à l’époque dans un orchestre. Il voulait prendre des cours de chant, et Jennifer l’accompagnait.
J’ai donc eu le plaisir, modestement, de l’instruire un peu sur l’art de l’émission, de la diction, du placement de la voix. Je n’en suis pas peu fier. Mais bien sûr, je ne suis pour rien dans son talent, dans son potentiel immense, qu’elle n’a pas encore décrypté complètement.
Mon manque d’objectivité évident à son égard fera sourire dans les chaumières, mais comment pourrait-on trouver un défaut à cette jeune fille ? Belle de cette beauté méditerranéenne brune et solaire (mais qui n’en joue pas plus que çà). Souriante, une voix somptueuse, un peu rauque dans les graves, qui fait penser aux chanteuses noires américaines des années 50, pure claire et puissante dans les aigus, sachant néanmoins nous faire découvrir une palette de nuances lorsque Jenny chante en mezzo-vocce. Passant du grave au suraigu d’un seul coup, sans alourdir son chant par un « dégueulando » de mauvais aloi tel que nous l’infligent certaines « chanteuses à voix ».
Enfin, Jennifer à tout pour réussir. Jusqu’à son répertoire qui est judicieusement choisi : pas trop « trash » ni moderne, pas trop vieillot non plus, alliant avec juste équilibre les chansons de sa génération (elle a 23 ans) et les œuvres classiques à textes, passées au patrimoine, avec une légère teinte de nostalgie pour la canzona italiana qu’elle chanta à ses débuts avec papa Jean, et qui fait jubiler mamie Marchionna.
Jennifer est de cette race qui est née avec un micro, en guise de hochet, et dont la chanson est la passion prédominante. Mais croyez-vous qu’elle se contente de son talent de superbe interprète ? que nenni ! Elle est aussi auteur-compositeur.
Pour être parfaite, il ne lui manque qu’une petite chose : Avoir confiance en elle !!! Mais, en attendant qu’elle prenne le relai, son public l’assure de la sienne.
Voici une série de photos de Th. Bataiilard, prisent au cours du concert que Jennifer a donné, le mois dernier, au café des arts.







