Marc Vuillemot a écrit :Pierre Caminade a joué dans la vie culturelle seynoise un rôle majeur, non pas seulement comme un poète édité, reconnu, mais comme un acteur décisif.
Originaire de Montpellier on doit à son amitié avec Jean Ravoux sa venue dans notre commune dans la force de l’âge à 43 ans en 1954. Il nous y quittera le 8 novembre 1998. Journaliste, il fut proche du milieu surréaliste et de l’internationale situationniste. Avant, durant et après la guerre, il travailla dans de nombreux groupes littéraires et artistiques, toujours avant-gardistes, prônant la libération sexuelle, la libération de la femme, et collabora à de nombreuses revues.
A La Seyne, très vite, il participe à l’essor artistique, et s’implique dans la revue Etraves.
Gilles l’a dit, il avait une tendresse particulière pour notre territoire. C’est pour notre ville qu’il écrivit La Seyne-sur-Mer appartient à la fois à la terre et à la mer, à chacune doublement. Ici, la Méditerranée est la mer qui exige le navire et la mer qui appelle l’oisiveté estivale et la nage à la vague.
Ici, la terre est plaine fertile et colline, quarante collines, massif forestier de Sicié, pinèdes et maquis.
Conseiller, concepteur, initiateur, programmeur, il s’investit sans compter et bénévolement dans l’élaboration d’une politique municipale qui voulait développer un nivellement par le haut. C’est encore d’une renversante actualité : la culture peut-elle être un barrage contre le populisme ? Ainsi sous Toussaint Merle puis Philippe Giovannini, le trio Jean Passaglia, Pierre Caminade et Jean Ravoux, joueront un rôle déterminant pour la culture, la curiosité intellectuelle, l’affinement du goût.
Il aurait été heureux de voir que nous avons mené à bien le projet qui consistait à mettre au cœur des quartiers un accès pour le plus grand nombre à la lecture, à la culture, en réalisant trois bibliothèques : au nord, la médiathèque Andrée Chédid, au sud la belle bastide du clos St-Louis, l’historique du centre-ville, aujourd’hui Pierre Caminade, et, je n’oublie pas le bibliobus, ni la magnifique initiative de cet été avec la bibliothèque à la plage et son succès, le prêt de plus de 2000 ouvrages.
Merci à tous les acteurs de cette entreprise. Ils travaillent sans compter, avec passion, tout au long de l’année. Merci à Pierre, le directeur des bibliothèques, à Françoise, la directrice des Affaires culturelles.
Je vous laisse découvrir les écrits, les œuvres poétiques, les conférences de Pierre Caminade, par le biais de ce que nous ont préparé nos bibliothécaires en hommage à cet homme engagé dans la cité, engagé dans les débats de son temps.
Pour Madeleine, je voudrais lui dire ma considération. Je sais son implication dans la perpétuation de l’œuvre de Pierre Caminade, je sais également son attachement à La Seyne, elle vit et aime notre ville, même si mon petit doigt me dit le flirt persistant qu’elle poursuit à la belle saison avec la ville de La Grande Motte.
Madeleine, je vous embrasse.