Le centre de loisirs Maefe fermé pour cause de grève

Les grévistes ont manifesté hier matin entre le centre de loisirs et le siège de l'association (photo: Dominique Leriche)
Le centre de loisirs de l'association Maefe (Maison association enfance famille école) était fermé hier. Un tiers du personnel était en grève. En cause, les changements annoncés par la nouvelle équipe de direction
L'association a changé de président en mai 2013, de directrice en septembre. « Au début, on était contentes à l'annonce de changements», commente Zora Yeddou, animatrice socioculturelle, et représentante du collectif qui s'est formé récemment. « Aujourd'hui, on ne connaît toujours pas le projet. La direction est en train d'établir un plan intermédiaire. Le 5 novembre, on nous a brandi des fiches de postes. On nous a demandé de les signer. Trois personnes ont refusé car la dénomination ne correspondait pas à la qualification figurant sur la fiche de salaire. On ne savait pas trop à quoi ça aboutirait. Il y a eu menaces de licenciement. C'est ce qui a déclenché la formation du collectif.»
Vendredi dernier, le collectif a écrit un mail au président afin de l'informer à ce sujet. Le samedi, il a annoncé son mouvement de grève. Une réunion de l'équipe pédagogique s'est tenue mardi. « Le président est venu dialoguer avec les membres du conseil d'administration. Nous avons exposé nos revendications. Mais nous n'avons pas obtenu satisfaction.»
Outre la question des conditions de travail, les personnels grévistes se disent inquiets sur « des changements qui touchent aux valeurs fondamentales de la Maefe. » L'association a été créée en 1993 par un collectif de mamans du quartier, à l'initiative de l'OMASE (Office municipal d'action socio-éducative). « C'est avant tout un lieu d'accueil, de lien social», note Mme Leterme, ancienne maman fréquentant la structure, était également membre du bureau et animatrice. « Malheureusement, on a le sentiment que c'est en train de changer. Tous les matins, les mamans venaient boire le café au siège. On leur a ouvert un local dans le bâtiment annexe, mais celui-ci n'est ouvert que le soir pour le soutien scolaire. Comment les mamans peuvent-elles participer aux actions si on les met de côté ? Comment peuvent-elles parler entre elles ? On a l'impression qu'on veut casser le travail associatif entrepris depuis 17 ans.»
Ce sentiment a été confirmé par des mamans et actuels membres du conseil d'administration qui ont préféré garder l'anonymat.
Les salariés grévistes (elles étaient 7 selon la représentante du collectif) disent agir « pour défendre leurs droits, dans l'intérêt du public, d'un territoire, d'un quartier, qui [leur] tiennent à cœur.»
Le président parle d'ambition d'un service de qualité
De son côté, le président Nourdine Nana indique aller dans le sens de l'intérêt des familles adhérentes. « Notre but est de nous intéresser à toutes les familles», insiste-t-il. « Il y a une rigueur demandée par les financeurs (1). Les fiches de poste sont une obligation. Nous avons reçu la visite de l'inspection du travail hier, qui a expliqué le pourquoi des fiches de poste. Celles-ci correspondent à la qualification. Les salaires ne changent pas, les prérogatives non plus. On réarticule les missions. Il n'y a pas eu de menaces de licenciement. On est là pour essayer d'avancer.
Il faudrait nous laisser le temps de la concertation. Je comprends que des habitudes se sont installées depuis des années. Les chiffres de la fréquentation sont en baisse. La nouvelle directrice vient d'arriver. Nous sommes dans l'ambition d'un service de qualité. Je comprends qu'il y ait des questionnements. Je ne demande qu'à communiquer. J'ai donné mon adresse mail et mon téléphone personnels. On ne peut pas me reprocher un manque de dialogue. Laisser penser que la Maefe est en ébullition, non. Je regrette que les personnels aient choisi de faire grève aujourd'hui, Journée internationale des droits de l'enfant. Pendant des années, les salariés ont fait tourner la baraque tant bien que mal, mais il n'y avait pas de conseil d'administration, ni de compte-rendu. Il faut que tout ça se structure.»
Les membres du conseil d'administration actuel disent, au contraire qu'il y a toujours eu des réunions et des comptes-rendus ... Les grévistes déclarent rester mobilisés « pour que la Maefe conserve ses valeurs fondamentales.»
1. La structure est financée avec le soutien de la commune, le conseil général, la caisse d'allocations familiales, l'Acsé (Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances).
source: C.H.-B. - var matin


