Le Belem s'offre une cure de jouvence à La Seyne

Après sa période d’hivernage à La Seyne, le Belem reprendra la mer en mars prochain. Comme chaque année, son commandant, le capitaine Jean-Alain Morzadec accueillera à bord plus d’un millier de stagiaires venus de tous les horizons
L’imposante silhouette du « trois-mâts barque » le Belem, se dresse dans un bassin du port de La Seyne. Durant cet « hivernage », l’équipage est aux petits soins pour le navire
À l'approche du voilier d'exception, on distingue le pont supérieur recouvert de bâches et de tauds. Et quand on monte à bord, partout, les lisses (mains courantes) sont enrobées de moquettes. « En fait, on s'est servi des tapis rouges qui, en saison, sont utilisés pour les cocktails à bord. On en a eu besoin pour protéger les lisses du goudron dont on vient d'enduire les câbles des gréements en acier, afin de les protéger du sel », explique le capitaine Jean-Alain Morzadec, commandant du Belem.
Depuis fin octobre, le prestigieux trois-mâts a pris ses quartiers dans la darse des câbliers, où la base d'Orange Marine lui met un quai à disposition pour son hivernage. « Ici, nous sommes plus tranquilles que sur la grande forme où nous étions amarrés durant l'hiver 2008- 2009, lors du précédent arrêt technique à La Seyne. Très exposé au vent, le bateau avait alors arraché une bite d'amarrage et il avait fallu appeler un remorqueur pour éviter la catastrophe », se souvient le commandant.
Pourquoi l'équipage du Belem a-t-il choisi de revenir à La Seyne cet hiver ?«La Seyne a une position idéale. Mais en réalité, on choisit le site en fonction des travaux à réaliser. Le choix se fait aussi selon le programme de stages et les souhaits du mécène, la Caisse d'Epargne, afin de venir saluer les partenaires qui soutiennent le navire», résume le commandant.
Equipage réduit
Lorsqu'il ne navigue pas, l'équipage du Belem est donc aux petits soins pour le trois-mâts, pour l'entretenir et le bichonner.« C'est un gros travail pour maintenir un navire de ce type en état de naviguer », assure le commandant. D'autant qu'il reste peu de monde à bord. «Sur les seize membres d'équipage, sept seulement sont présents durant l'hivernage - cela permet d'alléger la charge salariale pour la fondation qui gère le bateau. Je reste le seul officier,poursuit le commandant Morzadec, car j'ai libéré les deux lieutenants . Quand nous sommes à quai, je n'ai pas besoin d'eux. Ils reviendront quand on réarmera le navire l'année prochaine».
En quinze jours, les hommes restant à bord ont déjà refait la peinture complète de la mâture, goudronné les haubans et entamé la réfection de l'étanchéité du pont supérieur (le « spardeck »). Le gros de ce travail est confié à Stéphane, charpentier de marine, « le dernier embarqué à bord d'un navire de la marine marchande française ». « Il a d'abord passé la défonceuse pour refaire les rainures, et doit maintenant gratter tous les joints au ciseau à bois sur 1200m2 linéaires. C'est un gros travail de préparation - qui peut durer deux mois - pour assurer une bonne accroche du produit qui réalisera l'étanchéité pour une dizaine ou une quinzaine d'années ».
La difficulté de cet entretien, c'est aussi que le bateau étant classé, l'équipage doit tout refaire à l'identique, en respectant les essences de bois utilisées au 19e siècle (acajou, teck, iroko, etc). Cela étant, les marins ne réalisent pas tous les travaux seuls.
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