Faute de pouvoir se garer, une auto-école seynoise risque de fermer ...

Abdel Maadour explique payer « certains mois jusqu'à 500 euros » de PV de stationnement. Un « budget » qui pourrait le contraindre à fermer son auto-école (photo: Dominique Leriche)
Abdel Maadour est gérant de trois auto-écoles, dont une située rue Gambetta. Mais il pense de plus en plus à mettre la clé sous la porte. En cause, les difficultés rencontrées, par ses employés et lui-même, pour stationner ses véhicules professionnels
« C'est très difficile de se garer ici, et quand on se met quelques minutes devant l'auto-école le temps de récupérer un élève, on se prend des amendes quand la police municipale passe. » Un « budget »qui, « certains mois, peut atteindre 500 euros », explique M. Maadour.
Tolérance sur les PV ?
Il estime qu'on ne lui facilite pas la vie : « On veut juste travailler. On participe à la vie du quartier, on a créé de l'emploi et notre clientèle provient principalement de la cité, avec une population qui a parfois du mal à s'insérer. On passe notre temps à expliquer aux jeunes qu'il faut être respectueux avec la police, mais en même temps ils nous voient jouer au chat et à la souris. On n'est pas crédibles ».
Abdel Maadour tente depuis plusieurs mois d'obtenir quelques places réservées auprès de la Ville. « D'autant qu'un concurrent tout proche en possède trois devant son local. »Et, après avoir lui-même vérifié sur le cadastre, elles sont situées sur le domaine public.
« On m'a alors expliqué qu'on allait supprimer ces places. Mais mon but n'est pas d'empêcher les concurrents de travailler. Et si on lui enlève, ça ne résoudra pas mon problème. »
Plus tard, après avoir rencontré le maire en personne, on lui aurait laissé entrevoir une solution... « Puis les mois ont passé, et toujours rien. J'ai donc relancé la mairie et une secrétaire m'a répondu, un peu embarrassée, que ce n'était finalement plus possible ! » Depuis, il continue à « collectionner » les PV. « Si je ne peux pas bénéficier de places de stationnement, j'aimerais au moins que la police fasse preuve de tolérance ».
« Le domaine public est inaliénable »
Sauf que côté mairie, par la voix de Claude Astore, adjoint en charge de l'urbanisme, on explique que, même si le problème de M. Maadour a été entendu, on n'a pas de solution miracle à lui proposer : « Le domaine public est inaliénable. Et même si un traitement particulier a été accordé à un concurrent, en 2007, on ne peut pas se permettre de le reproduire. Car dans ce cas, tous les commerçants seraient en droit de demander une place devant leur local. »
Il reconnaît aisément que l'avenue Gambetta souffre d'un manque cruel de stationnements : « Nous y avons mis en place la zone bleue pour permettre un turn-over ». Tant que le parking des Esplageolles ne sera pas opérationnel (d'ici un an et demi), la situation risque de perdurer.
Quant à une possible tolérance sur la verbalisation, l'adjoint défend le fait que la rue Gambetta est devenue une zone partagée et donc prioritairement piétonne.« En revanche, s'il y a un conducteur dans le véhicule, il est, selon le code de la route, considéré comme à l'arrêt, et donc pas en stationnement. Il ne sera donc pas verbalisé. » ... Visiblement pas de quoi satisfaire Abdel Maadour.
source: J.P. - var matin



