Menacée de mort, une élue FN seynoise suspecte un colistier ...

Reine Peugeot, conseillère municipale et communautaire FN, présente une copie du courrier de menace reçu il y a quelques jours (photo: Dominique Leriche)
Reine Peugeot, conseillère municipale et élue à Toulon-Provence-Méditerranée, soupçonne un membre de son parti de vouloir prendre sa place et ses indemnités
Un score record aux dernières municipales (30,4 %), de nombreux élus à la Ville comme à TPM. Tout pourrait aller pour le mieux du côté du FN seynois. En fait, il n'en est rien. Après des crispations internes apparues durant la campagne, l'heure est aujourd'hui aux accusations graves.
Reine Peugeot, militante de longue date au parti frontiste, figurait en seconde position sur la liste de Damien Guttierez lors des élections de mars dernier. À ce titre, elle est donc entrée au conseil municipal et siège au sein du groupe FN à la communauté d'agglomération Toulon-Provence-Méditerranée.
Une première sommation
Dès le lendemain du scrutin, la résidente du quartier Châteaubanne découvre que les deux pneus arrières de sa voiture ont été crevés. Elle effectue un signalement à la police, mais n'imagine pas, alors, qu'il s'agit en fait d'une première sommation.
Ce lundi, de retour de vacances, elle trouve dans sa boîte aux lettres un courrier de menace expédié le 6 juin. Les caractères, en lettres capitales, semblent avoir été couchés sur le papier grâce à un trace-lettres avec une orthographe pour le moins douteuse : « Dernié averticemen si tu reste a méri + tpm on te creve come les pneus ».
Immédiatement, l'élue amène le document à la police et porte plainte pour menaces. Interrogée sur d'éventuels soupçons, l'élue balaye la thèse de l'opposant politique ou d'une vengeance.
Une conviction partagée par Joël Houvet, autre élu FN et figure du parti frontiste à La Seyne. « MmePeugeot est au FN depuis quinze ans… Elle a mené à mes côtés de nombreuses campagnes (législatives, cantonales…) sans jamais avoir de problèmes. »
Des indemnités d'élu convoitées ?
Pour lui comme pour elle, il faut plutôt chercher le suspect… du côté du Front national !
« Il faut se demander : "À qui profite le crime ?"», développe Reine Peugeot, qui propose elle-même une réponse : « Pour moi, il s'agit simplement de quelqu'un qui veut prendre ma place. » L'élue pointe, donc, d'anciens colistiers qui - en cas de démission de sa part - pourraient prendre les postes qu'elle occupe… et les indemnités qui vont avec (1).
Joël Houvet partage cette conviction et attend une réaction forte au sein du parti : « Nous avons écrit à Marine Le Pen et à Louis Alliot, et demandons aux instances départementales une enquête interne. Nous attendons dans cette affaire une réaction exemplaire. »
En attendant, Reine Peugeot tente de relativiser ces menaces. « Je dors bien, je ne me terre pas chez moi. Après tout, je suis une femme de caractère. J'essaye simplement de ne pas sortir seule. » « Mais dans tous les cas, insiste-t-elle,je ne céderai pas ! »
(1) L'élue touche 228 e en tant que conseillère municipale, et environ 1.000 € en tant que conseillère communautaire.
source: Christophe Gaignebet - var matin












