Mystérieuse Pollution de la Baie du Lazaret ...

Les éleveurs de moules de Tamaris craignent pour leur activité si le phénomène venait à perdurer. Ils ont l'intention de déposer plainte contre X, dans l'espoir que le pollueur, une fois identifié, paye la note, qui sera forcément salée (photo: Dominique Leriche)
Les éleveurs de coquillages de la baie du Lazaret traversent une période difficile. Depuis plus d'une semaine, il leur est interdit de commercialiser les moules et les huîtres qu'ils cultivent au large de Tamaris
La préfecture maritime a pris cette décision après des prélèvements, dans ces eaux, indiquant une concentration très importante d'une souche pathogène de la bactérie Escherichia coli (E.coli), dont la consommation peut entraîner des pathologies plus ou moins sévères.
Gilles Vincent « très préoccupé »
Si les producteurs ont jusque-là pu maintenir leur activité, en se fournissant ailleurs ou en écoulant leur production sortie de l'eau avant l'interdiction, le manque à gagner commence à se faire sentir. D'autant qu'en haute saison, les effectifs sont accrus. Des professionnels de la Petite Mer, appuyés par la municipalité, envisageaient de porter plainte contre X, dans l'espoir que le pollueur paye la note… Encore faut-il identifier d'où vient la pollution. Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier et président du contrat de baie de la rade de Toulon au sein de TPM, se dit très préoccupé :« On ne s'explique pas d'où vient cette pollution liée à une concentration inhabituellement élevée d'Escherichia coli. Il y en avait déjà eu une en décembre, moindre, qui avait aussi conduit à une interdiction. Mais la cause avait été rapidement trouvée : il s'agissait d'une station de relevage, mal dimensionnée et en mauvais état, appartenant à la Marine. »
Étudier les courants
L'inquiétude est aujourd'hui d'autant plus grande que le phénomène ne faiblit pas. « Normalement, quand il s'agit d'une pollution ponctuelle, provenant par exemple d'un bateau, et quand il fait chaud comme en ce moment, ces bactéries disparaissent rapidement, poursuit l'élu .Là, la Marine n'a rien constaté et à TPM (qui a compétence sur l'assainissement) nous avons vérifié toutes les installations : rien non plus. »
Du coup, il a été décidé d'intensifier les investigations. De nouvelles analyses (les mêmes que pour la qualité des eaux de baignade) vont être effectuées, des prélèvements en plusieurs points de la rade et des études sur les courants pour voir d'où cela arrive vont être menés.
« Vu la concentration de bactéries, la pollution provient forcément de la rade », assure Gilles Vincent. Peut-être une canalisation cassée qui n'aurait pas encore été identifiée… Les usagers de la rade espèrent remonter rapidement jusqu'à la cause, car il y a urgence : « En plus de l'importance de défendre les intérêts des mytiliculteurs, le risque serait qu'on nous retire le contrat de baie », conclut Gilles Vincent ... À suivre ...
source: J.P. - var matin






