Menace sur l'expertise nucléaire dans la rade de La Seyne ...

Les cinq salariés seynois de l'IRSN (ici en compagnie d'un thésard accueilli pour ses travaux d'études) sont hébergés sur le site de l'Ifremer à Brégaillon, dont ils bénéficient des moyens scientifiques et logistiques. Tous font part de leur inquiétude quant à un éventuel départ (photo: Dominique Leriche)
Le site seynois de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) pourrait quitter la ville. Les salariés s’inquiètent. Mais beaucoup de voix s’élèvent pour leur maintien
L'alarme a sonné le 10 décembre dernier. La Cour des comptes publie alors un rapport sur la gestion de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). On peut y lire, notamment, que« la rationalisation des implantations de l'établissement est à poursuivre, plusieurs d'entre elles ne répondant plus à des besoins réels (Avignon, La Seyne-sur-Mer)».
Depuis lors, l'inquiétude grandit parmi les cinq salariés hébergés à Brégaillon par l'Ifremer, et qui assurent une veille permanente en matière de radioprotection dans la rade (lire ci-contre), mais aussi sur tout le littoral méditerranéen.
«L'IRSN est installé à La Seyne pour deux raisons, résume Sabine Charmasson, responsable de l'antenne locale : la présence du port militaire avec ses installations nucléaires, et la présence de l'Ifremer avec qui nous mutualisons les moyens. Nous partageons en effet les prélèvements d'échantillons marins : l'IRSN cherche les radionucléides (atomes radioactifs), tandis que l'Ifremer recherche d'autres contaminants en mer (métaux lourds notamment)».
« La première fois que le projet est aussi clair »
Si elle est l'un des onze sites de l'IRSN en France, l'antenne seynoise - installée ici depuis la fin des années 1970 - est aussi l'une des plus petites implantations : elle ne compte que cinq salariés (quatre ingénieurs chercheurs et un technicien).
« Depuis des années, il y a régulièrement des allusions, en interne, au fait que la direction réfléchit à l'optimisation de ses implantations, et que les petits sites seraient touchés», rapporte Mme Charmasson. «Cela étant, complète sa collègue Céline Duffa, avec le rapport de la Cour des comptes, c'est la première fois que l'antenne de La Seyne est clairement citée».
Pour l'heure, poursuivent les salariés seynois de l'IRSN,«notre direction nous dit que rien n'est décidé(lire ci-contre).Mais on s'inquiète car le projet évoqué consisterait à rapatrier notre équipe sur Cadarache (où travaillent 400 personnes de l'IRSN). Vu de Paris, ça paraît simple, mais vu d'ici, c'est beaucoup plus compliqué ! Pour réaliser nos missions, nous avons besoin d'être en bord de mer. Et les moyens de l'Ifremer nous sont très précieux. Partir à Cadarache reviendrait donc à remettre en cause le bien-fondé de notre activité».
Décision fin janvier ?
Le point de vue des salariés est partagé par un certain nombre d'acteurs locaux, attachés à la présence de l'IRSN à La Seyne. Le maire de La Seyne, le président de l'agglomération, le président du Contrat de baie, ou encore les écologistes viennent de prendre position pour défendre cette implantation (lire ci-dessous). Chacun est conscient de l'urgence : si la décision de fermeture était prise, la direction l'annoncera en comité d'entreprise. Et le prochain CE est programmé fin janvier.
source: M.G. - var matin



