Relancer le centre-ville de La Seyne - un énorme chantier ...

Les commerçants s'inquiètent du manque de dynamisme du centre-ville, encore plus criant comme hier par temps de pluie photo: D. L.)
A l’appel de la municipalité, de nombreux commerçants se sont réunis, longuement, pour faire part de leurs doléances et réfléchir à des améliorations
Parmi les présents, certains étaient pourtant à deux doigts du renoncement... Mais ils sont quand même venus à la table ronde organisée lundi à la bourse du travail, pour participer au début de la grande réflexion, voulue par la municipalité, afin de tenter de redynamiser (ressusciter?) le centre ancien. Une soixantaine de commerçants étaient là. Preuve que le sujet intéresse. Et que, malgré l'ampleur de la tâche, l'espoir demeure ...
Cette première rencontre a surtout permis aux élus concernés d'entendre les commerçants. Et de mesurer, s'il en était besoin, l'ampleur d'un malaise collectif. Une matinée entière a été nécessaire pour que chacun puisse prendre la parole.
Stationnement, sécurité, propreté ...
La gérante d'un magasin de la rue de la République a ouvert le tour de table : « Ça fait dix ans que je suis là. Je n'ai jamais progressé. C'est même de pire en pire. Les gens viennent de moins en moins. Je n'ouvre que le matin car l'après-midi, c'est bien simple, il n'y a plus personne...» Un garagiste de l'avenue Gambetta a pris à son tour le micro pour dénoncer les difficultés de stationnement et l'excès de verbalisation : « Trop souvent, des clients qui stationnent devant mon garage repartent avec un PV. Je suis là depuis 1986 et avant, les agents étaient plus compréhensifs. » La signalisation du parking Martini, le principe des zones bleues ou encore l'ouverture du parking des Esplageolles, qui tarde, ont aussi été critiqués. Un commerçant de la rue Lagane a déploré que les limitations de vitesse ne soient pas respectées : « Personne n'a l'air de savoir que le cœur de ville est une zone prioritairement piétonne. »
Nombre d'entre eux se sont également plaints des incivilités et d'un sentiment d'insécurité, passé 17 heures. Ce qui, selon eux, est de nature à vider des rues déjà peu fréquentées. « L'après-midi, les personnes âgées n'osent plus venir... »
L'ouverture de Grand-Frais et les agrandissements des galeries d'Auchan et de Leclerc seraient également responsables de la fuite d'une partie de la clientèle...
La paupérisation du centre-ville a fait dire à certains que « le centre de La Seyne n'est pas un lieu de promenade ou de plaisir, mais un lieu de besoins, d'obligations ».
Un potentiel reconnu
Des problèmes de propreté, notamment sur les marchés, cours Louis-Blanc et place Martel-Esprit, ont été soulevés par plusieurs marchands sédentaires : « Je passe mon temps à faire le gendarme pour que les emplacements soient respectés et pour que mes clients ne soient pas obligés d'enjamber les détritus pour entrer dans mon magasin », expliquait une dame.
Un autre : « Il n'y a pas de réglementation sur les marchés, les gens font ce qu'ils veulent. » Quelques-uns se sont d'ailleurs interrogés sur l'impact, en terme d'image, du marché d'entrée de ville « où l'on trouve des tissu et des produits à un ou deux euros ». Pour une commerçante, « passé le phénomène de nouveauté, les gens se sont lassés... »
Autre inconvénient, de taille : le nombre important de boutiques inexploitées, qui tend à isoler celles qui sont ouvertes. Or, comme disait quelqu'un : « Les gens attirent les gens... »
Malgré cette liste de griefs (non exhaustive), tous croient au potentiel du centre ancien. Et nul ne nie sa part de responsabilité, si toutefois un réel partenariat s'instaure avec la municipalité, dont une partie des problèmes relève de sa compétence : « Il faut que nous soyons plus solidaires entre nous ».
source: J.P. - var matin





