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Nicky
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Date du message : samedi 14 février 2015 à 13h22


Malaise dans un lycée de La Seyne après une sanction jugée trop clémente


Benoît Casals et Laurent Lopez, tous deux professeurs au lycée Beaussier et représentants du syndicat SNES-FSU, font part d'un sentiment « d'abandon », après la non-exclusion de l'agresseur
A la suite d’une agression, début février, un élève s’est vu infliger une exclusion avec sursis. Ce jeudi, les personnels du lycée ont exercé leur droit de retrait, pour exprimer leur incompréhension

Cette décision nous donne le sentiment d'être abandonnés». Benoît Casals, professeur d'histoire-géographie et représentant SNES-FSU au lycée Beaussier à La Seyne, résume bien le sentiment d'une partie du corps enseignant et des personnels de l'établissement qui ont exercé, hier matin, leur droit de retrait de 10 h à midi.

À l'origine de ce mouvement, un profond malaise né de la décision prise par un conseil de discipline, en début de semaine, d'infliger une exclusion définitive, mais avec sursis, à un élève de 1re, convoqué pour avoir agressé un de ses camarades le lundi précédent.

Même si un certain flou demeure sur la nature des faits et l'origine du différend, on sait que l'élève incriminé a introduit plusieurs armes à l'intérieur du lycée (une bombe lacrymogène et un objet tranchant) avant d'agresser un autre élève dont les blessures ont nécessité un jour d'ITT.

Une plainte a été déposée par la victime, auprès du commissariat de La Seyne-sur-Mer, qui a débouché sur une mise en examen de l'auteur des faits pour violence avec armes.

«Même les élèves sont très choqués»

Mais plus que les événements, c'est bien la réponse apportée qui a provoqué une vive réaction de la communauté éducative. «En cette période où l'on nous demande de la fermeté, il nous paraît incompréhensible que l'introduction d'armes dans l'enceinte du lycée et une agression ne soient pas suivies d'une sanction plus appropriée. Même les élèves sont très choqués. Ils ne comprennent pas. Le message envoyé n'est pas clair», explique Benoît Casals.

Lorsque la décision du conseil de discipline a été connue, mardi dernier, certains professeurs s'en sont émus auprès du proviseur, Philippe Adjutor. Ils lui ont donc suggéré d'étudier la possibilité de faire appel.

Le rectorat de Nice confirme qu'un recours est possible «de la part de l'élève ou du chef d'établissement» dans les huit jours qui suivent la notification par écrit de la sanction.

«C'est le proviseur qui a fait la proposition du sursis, avant validation en conseil de discipline.Il paraissait donc techniquement difficile qu'il dépose un recours contre ce qu'il avait lui-même suggéré», analyse Benoît Casals ... De son côté, le proviseur, Philippe Adjutor, ne souhaite pas faire de commentaire.

«Dans un conseil de discipline, les décisions sont prises à bulletins secrets. Cela n'est pas public et cela n'a rien à voir avec une procédure judiciaire», se borne-t-il à rappeler (1). A-t-il réellement un temps envisagé de déposer un recours ?

«Je n'ai rien à dire sur le sujet», coupe-t-il, avant de signaler son intention de recevoir les personnels qui le désirent pour parler de cette affaire.

«Il faut des gestes forts»

Toujours est-il que lorsqu'il a confirmé, ce jeudi matin, que la procédure en resterait là, la réaction ne s'est pas fait attendre. «Il y a peut-être une forme de noblesse et d'humanisme dans la proposition du chef d'établissement, veulent penser Benoît Casals et son collègue Laurent Lopez, également représentant du SNES-FSU. Il y avait l'idée de laisser une chance à cet élève avec du sursis. Mais il faut parfois des gestes forts».

Les travaux de recherche sur la violence, imposés tous les mercredis après-midi au lycéen incriminé, ne lassent pas de surprendre. «C'est assez étrange de voir cet élève toujours là, comme si de rien n'était, avec comme seule sanction l'équivalent de ce qui pourrait être des colles», affirment-ils. Donnant le sentiment que cette affaire pourrait laisser des traces et un goût amer au sein de l'établissement.

(1) Contactée, la fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) du Var n'a pas souhaité commenter la décision d'un conseil de discipline dont le contenu « reste confidentiel ».
source: J.M. - var matin