Sept expulsions à venir dans une HLM à La Seyne

Avec la fin de la trêve hivernale le 15 avril, l'office HLM TSH va faire procéder à des expulsions de locataires pour défaut de paiement (photo: doc E. Estrade)
L’office Terres du Sud Habitat a annoncé devoir, « malheureusement », faire procéder à l’expulsion de sept familles, dont trois squatters, des logements sociaux de la ville
Entouré du bureau du conseil d'administration de Terres du Sud Habitat (1), Yves Gavory, président de TSH, préfère commencer par annoncer les bonnes nouvelles : «Sur les 340 dossiers de gens expulsables dans notre parc HLM, pour défaut de paiement de loyer et des charges, nous avons trouvé des solutions pour 99 % d'entre eux…» (en fait 98 %, ndlr)
Pour sept familles, en revanche, la décision d'expulsion - «une obligation légale et une nécessité économique » - sera bien mise en œuvre par le préfet « dans les semaines à venir».
«C'est un constat d'échec»
Parmi les personnes concernées, trois familles étaient considérées comme des squatters par TSH ... «Le logement était vacant ; ils ont forcé la serrure et sont rentrés. Comme il n'y a pas eu de flagrant délit constaté par la police, que nous étions en trêve hivernale, les gens sont restés…», explique encore Yves Gavory.
Lequel déplore que ces personnes aient «pris sciemment la place de quelqu'un sur la liste d'attribution des logements HLM ; quelqu'un qui attendait peut-être depuis cinq ans…»
Concernant les autres «cas», Yves Gavory explique qu'«entre le premier impayé et la décision d'expulser quelqu'un, il faut entre trois et cinq années. Avec les travailleurs sociaux, nous avons épuisé toutes les tentatives de règlement amiable.»
En cause, d'après lui, «la mauvaise foi manifeste des personnes concernées qui refusent la reprise du paiement du loyer résiduel», en plus de leur grande précarité. Certains ayant accumulé en neuf ans quelque 25.000 euros d'impayés. Mais l'office regrette aussi que «le trésorier-payeur ne joue pas le jeu», avec un huissier qui ne serait «pas suffisamment mandaté pour mettre la pression.»
Cette situation, qui ne ravit pas les associations de défense des locataires (voir par ailleurs), ne plaît guère non plus au président de TSH et son conseil d'administration. «Aujourd'hui, c'est un constat d'échec car notre vocation n'est pas d'expulser mais, bien au contraire, de loger des familles.»
Le conseil d'administration de Terres du Sud Habitat souhaiterait désormais que l'État «prenne ses responsabilités en relogeant ces familles ailleurs qu'à l'hôtel ou dans un foyer. S'il y a un combat à mener, c'est celui-là. Nous, nous sommes allés au bout de ce que l'on pouvait faire.»
TSH tient à rappeler en outre que « l'office a le taux de loyer moyen le plus bas de France ». Histoire de conclure, aussi, sur une bonne nouvelle.
1. Marcel-Paul Magagnosc, Djemel Smaili, Robert Prevost.
source: Ma.D. - var matin


