Promesses de campagne
Nous avons entendu pendant les campagnes électorales, tant de 2008 que de 2014, les promesses de récupérer ce bien en gestion publique. Nous avons même entendu à plusieurs reprises tout au long des années, quelques uns qui parlaient de « casser le contrat».
Je me suis exprimée à ces moments là, pour dénoncer cette erreur qui nous aurait coûté fort cher (plusieurs millions d’euros), car si cette décision avait été prise, vous pensez bien que dans le contrat d’affermage, il y a une clause de résiliation ou sont comprises des pénalités pour « le manque à gagner » qui auraient courues jusqu’à la date de fin de contrat.
Bref, cette idée a été, à mon grand soulagement, abandonnée. Mais nous voilà donc aujourd’hui, et là, l’idée est valable dans le temps, à ce que la question revienne sur le tapis : Faut il re municipaliser ?
Ce qu’implique le retour à une gestion publique de l’eau
1) Le personnel : Il existe à ce jour un service municipal des eaux qui est un service de contrôle du fermier et des travaux neufs que la commune paye avec la taxe communale (0,12 € par m3, taxe qui n’a pas augmenté depuis 2006 !).
Il est vrai que le personnel de la SEERC peut être embauché par la commune. Mais cette possibilité prévue dans la loi SAPIN de 1993 s’applique surtout dans le cas ou le fermier ne gère qu’une commune. La SEERC qui gère plusieurs communes, dont Ollioules conservera probablement ce personnel, le bureau de la Seyne intervenant dans le Var. D’autre part, la certitude au plus tard le 1er janvier 2020, du passage à TPM et probablement d’une nouvelle privatisation du service va être un obstacle important pour ce personnel quand à leur avenir…
Cela implique donc de former du personnel technique, ainsi que la création d’un service administratif complet, tant pour le secrétariat, la réception du public, le volet financier et commercial (achats et reventes d’eau, gestion des abonnés, etc…), le contentieux ainsi que le volet social que cela ne manquera pas d’entrainer : les difficultés humaines à régler le paiement des factures… Je ne parle pas du recouvrement, car le trésorier reste le comptable, bien évidemment.
2) Matériel : Plus rien n’existe. Même si le fermier est dans l’obligation de fournir le matériel nécessaire au bon fonctionnement du service, il doit par exemple fournir les listings abonnés, les plans des réseaux, les compteurs, le système d’alarme, de télécommande, les systèmes de sécurité, soit sous forme de papier (complètement dépassé à l’heure actuelle), soit sous forme électronique. Mais c’est à la commune d’acheter les logiciels pour les faire fonctionner (à quel prix ? sachant que ces logiciels sont développés essentiellement pour et par les sociétés des eaux. Tous ces systèmes électroniques de télécommande, d’alarme et de sécurité sont regroupés dans un poste central sous forme d’armoire électronique et comme la SEERC gère plusieurs communes à partir de ces armoires, il faudra donc passer un appel d’offres pour recréer dans les locaux du service municipal ce poste centralisateur.
3) L’achat d’eau : Notre consommation est actuellement d’environ 5 millions de m3 annuellement (Var Matin du 18 février).
Concernant nos ressources propres et l’idée de remettre en service les captages et la conduite qui amenaient l’eau brute non traitée entre Carnoules et La Seyne (42 kms), depuis 1953, n’est pas réalisable. Ce réseau a fait l’objet de modifications à la suite d’un accord SEERC/Canal de Provence aux environs de 1988 et ne pourra plus être réutilisée pour desservir la Seyne.
Quand aux sources sur lesquelles quelques participants ont mis leurs espoirs, les nouvelles règlementations de protection de ces points de captage, ont obligé à fermer deux ressources propres de la Commune : le puits de Saint Jean et le puits de Berthe (il y a une dizaine d’années).
Désormais, il est impossible d’effectuer un captage en milieu urbain compte tenu de l’impossibilité de créer autour de ces captages un périmètre de protection.
Ne possédant pas de ressources propres, les tarifs d’achat d’eau au Canal de Provence et à Toulon seront déterminants pour la gestion du service.