"Le temps des imposteurs de Dieu se brisera contre le visage de l'innocence de l'Amour qu'est Dieu"
Hier soir, 14 juillet, l'horreur s'abat sur la ville de Nice. Un camion de la terreur surgit et écrase 84 vies au moins, avec des dizaines de blessés, dont certains très grièvement... La folie, la bêtise, la stupidité, la haine, les mots viennent à manquer pour qualifier un tel massacre !
Les revendications de ce lâche attentat ne sont pas encore précisées, mais tout porte à penser que l'on s'achemine une fois de plus, une fois encore, une fois de trop, vers la piste des islamistes radicaux. Le président Hollande a rappelé que nous sommes en guerre. Mais la question de fond reste et demeure que tous ces assassins se réclament de la religion et mettent en avant leur foi en Dieu.
Alors, affirmons-le avec force : ces assassins sont les ennemis de Dieu. Chaque fois qu'un être humain est assassiné, c'est l'être de Dieu que l'on tue. Et que l'on se réclame du Coran, de la Bible, de telle ou telle religion, philosophie, il s'agit à chaque fois d'une trahison du message divin. Car, au-delà des expressions culturelles, le chemin vers Dieu est toujours et uniquement celui de l'Amour, de la Paix, du Pardon.
La haine relève du monde de l'ombre. Si l'on appartient à Dieu, on ne peut se situer que dans la Lumière, dont les déclinaisons portent les noms de compassion, tolérance, fraternité.
Par conséquent, évitons les amalgames tragiques dans lesquels ces misérables assassins voudraient nous faire tomber. Il ne s'agit pas de faire la guerre à l'Islam, ni de décréter que des populations issues de l'immigration seraient responsables, de près ou de loin, de ce climat de violence. Le piège est évident : ces sanguinaires cherchent à perpétrer sur notre sol national un esprit de peur, pour pousser à la faute morale, par la propagation d'une guerre civile.
Soyons lucides ! Ils n'appartiennent pas au Bien ; ils ne relèvent pas de Dieu ; ils salissent la religion dont ils se réclament. Ils montrent à quel point l'éthique est l'essence même de la civilisation. En manifestant leur haine, ils soulignent notre différence, nous sommes civilisés, parce que nous portons des valeurs qui s'appellent reconnaissance de la dignité de toute personne humaine, liberté de croyance et de pensée de chacun.
Notre réponse, face à cette barbarie, passe sans doute par des plans d'urgence renouvelés, par une sécurité renforcée, mais elle appelle surtout de notre part en tant qu'individus, notre capacité à la dignité, en gardant haute notre conception de la personne humaine et de la civilisation qu'elle induit.
Soyons grands, soyons forts, soyons vainqueurs par la pratique de cette valeur absolue de la foi en l'Homme. Alors, nous serons les vrais vainqueurs, manifestant le seul visage de Dieu, Celui de l'Amour au-delà de tout.
Je crois en cette force de l'Amour. Et ces barbares pourront encore venir écraser nos petits enfants, abimer nos vies, insulter nos histoires, travestir nos croyances, nous serons plus grands qu'eux, car le mal et la bêtise finissent toujours par être emportés par la puissance de l'Amour qui régit l'univers et qui est l'unique forme d'intelligence.
Vive la Vie et restons vivants tout en pleurant nos chers disparus !
Pierre Colombani
Andree83
Membre
Date du message : samedi 16 juillet 2016 à 08h59
verototo
Membre
Date du message : jeudi 4 août 2016 à 00h33

Très bien exprimé... et tellement Vrai !...
Ne tombons jamais dans ce "jeu"... !!!
Restons solidaires tout simplement..
Andree83
Membre
Date du message : jeudi 4 août 2016 à 07h25
Deuxième texte de Pierre Colombani :
« Prenons de la hauteur dans le contexte dramatique des attentats ! »
Une certaine frange politique « bien pensante » de notre pays reste toujours tétanisée, face à l’histoire française de la moitié du XIXème siècle et d’une partie du XXème, que l’on qualifie volontiers de « période colonialiste ».
La France avait alors un Empire important, qui s’étendait du Maghreb jusqu’à une bonne partie de l’Afrique Noire, sans oublier l’Indochine. Tout ceci est aujourd’hui bien terminé, si ce n’est que la plupart de nos immigrés actuels sont souvent issus de ces anciennes colonies. On est alors entré dans une période inflationniste de devoirs de repentance, où constamment la culpabilité semble devoir peser sur les autochtones que nous sommes. Sauf qu’à y regarder de plus près, nous sommes tous issus, dans un temps plus ou moins éloigné, d’une immigration, et que la question n’est pas tant celle de nos origines que celle de notre attachement à ce qui fait notre pays d’à présent, la France, et à notre devenir commun, l’Europe.
Et devant certaines revendications communautaires, devenues au fil du temps de plus en plus communautaristes, toute une partie de la classe politique française a souvent gardé une certaine connivence de principe, au prétexte que ces populations avaient souffert par le passé et dont nos parents porteraient l’indélébile responsabilité. C’est ainsi que l’on a fermé les yeux sur un discours islamiste de plus en plus radical, préférant réserver le parapluie de la laïcité face au seul Christianisme.
Ainsi, une partie de la classe politique, dans son ignorance déplorable des questions religieuses, a voulu parler d’un Islam de France, sans prêter attention au fait que nos alliances politiques, et surtout économiques, nous mettaient dans une réelle ambiguité avec certains pays, notamment, avec l’Arabie Saoudite et le Qatar. Si l’on ne retient que ces deux pays, ce sont de gros producteurs de pétrole et de gaz et les intérêts économiques et financiers qui s’y rattachent laissent bien présager quels sont les véritables enjeux. Cependant, au-delà des seuls intérêts économiques à défendre, ne fallait-il pas voir aussi le danger qu’il y avait de laisser se propager, par ces nouvelles puissances pétrolières, une idéologie politico-religieuse extrêmement dangereuse et néfaste pour l’ensemble du monde, et pour notre pays en particulier ?
Entendons bien que ce n’est pas l’Islam en tant que tel qui est en cause dans ce danger, car Il représente une grande religion très riche, tant pour le débat théologique interreligieux, que pour le patrimoine culturel mondial. Mais si l’Islam se trouve traversé par deux grands courants que sont le Sunnisme et Chiisme, il est aussi gangréné par certains courants comme le Wahhabisme, par exemple.
Or ce courant, lié au royaume Saoudien, se caractérise par une radicalité, voire un intégrisme très inquiétant. En effet, pour les wahhabites, tout ce qui n’est pas prescrit dans le Coran doit être combattu. Inutile d’envisager alors la moindre interprétation du texte, ou encore sa mise en perspective dans un contexte historique. Il n’est donc pas étonnant que l’Islam d’inspiration wahhabite puisse donner aux terroristes djihadistes une justification théologique de leurs actes barbares.
Alors qu’il existe de magnifiques traditions musulmanes, comme le Soufisme par exemple, lequel développe une mystique extraordinaire, on a laissé se développer, même chez nous dans nos contrées, un radicalisme djihadistes, au travers notamment du Salafisme. La seule différence entre le Salafisme et le Wahhabisme, c’est que le premier prône un califat universel, tandis que le second reste lié au royaume Saoudien. Mais chacun propage la même idéologie religieuse déclinant le port de la burqa, la séparation des sexes, et surtout la guerre aux « infidèles ».
Andree83
Membre
Date du message : jeudi 4 août 2016 à 07h26
Dès lors, tous nos dirigeants politiques de ces dernières décennies, de gauche comme de droite, portent une immense responsabilité lorsqu’ils nous parlent de faire la guerre au terrorisme religieux islamique, alors que rien n’est fait à la source et que, sur notre territoire, cette pensée salafiste se répand de façon préoccupante. Sans compter les mosquées et les salles de prière financées par ces pays, notamment.
Par conséquent, l’assassinat du Père Jacques Hamel ramène le débat sur la question de fond de la laïcité. N’est-il pas temps de redéfinir la laïcité, non comme une neutralité de l’État, voulant exclure de l’espace public toute référence religieuse et reléguer obstinément le religieux dans la seule sphère privée ? N’est-il pas temps de demander à tous les représentants des grandes religions, comme à ceux des grands courants philosophiques et athées, de définir ensemble le dénominateur commun qui fonde notre Bien Commun et notre identité française et européenne ? N’est-il pas temps d’affirmer le type de civilisation et de culture que nous voulons promouvoir et défendre, dans cette floraison de diversité d’horizons de croyances et de non croyances, pour ne plus laisser se développer d’autres paradigmes référentiels qui abîment notre histoire commune à bâtir ?
Parce que je suis chrétien, prêtre, théologien, je me sens le frère du Juif, du Musulman, du Bouddhiste, de l’Athée, non pour développer je ne sais quel syncrétisme douteux, mais pour élaborer de nouvelles valeurs de l’homme, n’ayant pas honte de son appartenance à l’Occident, qui ne peut se confondre avec un quelconque matérialisme dégradant ou bien encore avec un affreux nihilisme mortifère.
Oui, c’est peut-être le temps de la guerre face au terrorisme. Mais c’est aussi le temps de la refondation de notre socle d’appartenance à une certaine conception de la personne humaine et dont la France, comme l’Europe, porte tout un patrimoine de par son histoire. J’aime l’idée de participer à cette nouvelle refondation ! Car c’est le temps de l'éclosion du printemps de la Civilisation de l’Amour, dont a tant parlée le pape Paul VI, en communion avec le grand Patriarche orthodoxe Athénagoras 1er .
Pierre Colombani

