Petite tribune de Marc Vuillemot
Président des élus socialistes du Groupe de la Gauche Uniedu Conseil Municipal de La Seyne-sur-Mer
9 OCTOBRE 2005
Dénominations des lieux publics : quelques idées…
En proposant de baptiser "l'ilôt de l'Équerre" du nom de "La Seyne résistante", le Maire va honorer à juste titre dans un hommage collectif les Seynoises et Seynois qui ont pris leur part dans la lutte contre la barbarie nazie.
Coïncidence troublante : cette bonne idée sera soumise aux conseillers municipaux le jour même où il leur sera demandé de décider de fermer le Centre Médico-Social Municipal qui porte le nom de "Vincentella-Danielle Casanova", autre résistante qui a cher payé son engagement…
Il faut relever que, depuis dix ans à La Seyne, il y a toujours assentiment général pour les hommages publics à rendre à celles et ceux qui ont compté ici ou ailleurs. Et c'est tant mieux.
Ni M. Paul ni M. Paecht, précédent et actuel maires, ne se sont aventurés à débaptiser un lieu public au nom de quelque lecture partisane de l'Histoire. Au-delà de nos divergences, et il n'en manque pas, nous sommes des républicains capables d'assurer dans le consensus notre part de devoir de mémoire.
C'est pourquoi nous espérons que la proposition des élus socialistes, faite à MM. Paul et Paecht, de dénommer un espace public du nom de "François Mitterrand, président de la République française", arrivera un jour à l'ordre… du jour…
Et c'est pourquoi aussi nous apprécierions que l'acte de M. Scaglia, qui, en débaptisant la voie qui portait leur nom, a déshonoré la mémoire d'Ethel et Julius Rosenberg, assassinés pour avoir lutté pour la Paix, soit bientôt réparé en dénommant ainsi un autre espace seynois.
Alors que "l'ilôt de l'Équerre" va être baptisé, nous formulons enfin le souhait que, au-delà des hommages à ceux qui ont marqué notre histoire locale, nationale ou mondiale, on s'attache aussi à préserver la mémoire populaire de nos coins de ville.
Pourquoi ne pas doubler les plaques des artères communales avec leurs anciens noms ? Pourquoi ne pas consacrer le coût de quelques palmiers à installer des panneaux portant les noms de nos nombreux quartiers chargés d'histoire ? Et peut-être même en provençal ?
Tè, perqué pas ?
