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Nicky
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Date du message : jeudi 5 mars 2009 à 00h06
La grande plaisance se met au « vert » et gère ses déchets

Photo : Rina Uzan
Denis Pellegrino (à gauche) et François Chaussabel du chantier IMS (à droite), accompagnés de Laurent Falaize, président de Riviera Yachting Network (au centre), assurent d'une « prise de conscience collective de la grande plaisance » sur la protection de l'environnement.
Cela fait quelques années déjà que les entreprises du nautisme s'intéressent à la protection de l'environnement. En la matière, la réglementation européenne (plus ou moins restrictive selon les pays dans laquelle elle est déclinée) les incite à prendre d'avantage de précautions.
C'est bien le moins pour un secteur dont l'impact environnemental n'est pas négligeable. C'est vrai en particulier dans une zone comme la rade de Toulon, haut lieu de présence navale, civile et militaire, pendant des décennies voire des siècles.
C'est le sens du travail réalisé par le réseau Riviera Yachting Netwok, basé à La Seyne, et qui fédère une centaine de professionnels de la région Paca dans les secteurs de la réparation et de la maintenance des yachts.
Au-delà des obligations légales
Le réseau vient d'éditer un guide des bonnes pratiques qui recense, entre autres, plusieurs engagements forts en matière de protection de l'environnement, en allant au-delà des obligations légales. De la gestion des déchets, au stockage des produits dangereux. Laurent Falaize, président de Riviera Yachting Network, estime que « la profession est engagée dans une démarche innovante, ce qui correspond à une prise de conscience collective. » Sept chantiers de grande plaisance - dont un Seynois et un Mandréen - plus une vingtaine de sous-traitants, s'y sont engagés.
Laurent Falaize renchérit : « Soit les chantiers subissent ces contraintes liées à l'environnement, soit ils les valorisent et en font un argument commercial. »
De fait, les entreprises sous-traitantes rapportent souvent que « les chantiers étrangers sont beaucoup moins draconiens sur la sécurité et l'environnement. »
Surcoût financier
Mais l'engagement sur le développement durable a un coût. Denis Pellegrino est directeur d'IMS, un chantier de réparation navale parmi les plus importants de la façade méditerranéenne, implanté à St-Mandrier. « Nous nous sommes mis aux normes car nous avions les moyens de le faire, » déclare-t-il d'emblée.
Depuis 2005, la collecte sélective a fait son entrée dans la société. Désormais, cinq familles de déchets sont triées... Au lieu d'être jetées pêle-mêle dans les poubelles de la ville. Le tri concerne les déchets dangereux comme les acides, huiles de vidange, solvants et surtout la peinture, qui passe en quantité phénoménale sur un tel chantier. De même, les outils souillés ne partent plus à la benne à ordure.
Autre investissement : la création d'une cuve souterraine pour les eaux usées d'un volume de 60m3. « Dès que nous lavons une coque, l'eau ruisselle. De même, les eaux de pluie lavent les hydrocarbures présents sur le site. » Depuis 2007, ces eaux sont décantées, puis elles passent dans un filtre à lamelles pour écarter les particules fines. Les eaux ne seront rejetées dans la baie du Lazaret qu'après être passées dans deux filtres à métaux lourds. « Nous avons investi 400 000 euros dans cette cuve, dont 30 % financés par l'Agence de l'eau », indique Denis Pellegrino.
Ce surcoût environnemental est-il répercuté sur la note présentée au client ? « Nous sommes effectivement de 20 à 30 % plus cher, car nous appliquons des normes plus restrictives que dans les pays concurrents, Espagne et Italie en tête. Cela concerne surtout les échafaudages et les systèmes de ventilation, qui coûtent très cher. » C'est le prix à payer pour empêcher les poussières de se répandre à l'extérieur. Un prix conséquent quand un devis de peinture grimpe jusqu'à 300 000 euros.
Selon les intéressés pourtant, les capitaines de yacht perçoivent positivement cette démarche « verte. » Et puis la proximité des ports de la Côte d'Azur reste un atout majeur dans le choix d'un chantier de réparation.
source: Sonia Bonnin - var matin


