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Nicky
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Date du message : mardi 26 janvier 2010 à 08h17
Plan social dans l'entreprise Poly Implant Prothèse

Photo : doc L. M.
Poly Implant Prothèse, fabricant de prothèses mammaires, emploie toujours une centaine de personnes sur son site de production seynois. Les implants sont exportés dans le monde entier. L'entreprise, aujourd'hui affaiblie, fut l'un des leaders du secteur.
La société seynoise a licencié 16 salariés, mais réussi à éviter le redressement judiciaire. Elle doit construire un plan de continuité et éponger ses dettes.
C'est une lutte pour la survie. L'entreprise Poly Implant Prothèse (PIP) traverse des heures difficiles. Dans un climat social tendu, même « malsain » selon certains, peu de voix osent se faire entendre, en tout cas officiellement, à l'extérieur de « la maison ». Par le biais de l'avocat qui l'a défendue devant le tribunal de commerce, la direction refuse encore et toujours de répondre aux questions.
Pourtant, l'actualité sociale est dense. En décembre, 16 licenciements économiques ont été prononcés. Les salariés concernés sont en train de quitter leur poste de travail.
Au départ, 18 licenciements étaient prévus par le plan de restructuration, mais leur nombre a été légèrement revu à la baisse.
Rentrées d'argent
En décembre, Poly Implant Prothèse a évité le redressement judiciaire. Au terme d'une audience serrée, l'avocat de PIP aurait réussi à « contrer la demande de l'administrateur judiciaire ».
« Le tribunal a été courageux et consciencieux », a qualifié une source proche de la direction, qui rajoute : « Le président du directoire se débat pour essayer de sauver l'entreprise, il faut arrêter de lui tirer dessus ».
Jean-Claude Mas, président du conseil de surveillance, s'est dit « satisfait » de ce jugement. « De l'argent est rentré, comme je le prévoyais ». Cet argent frais est arrivé mi-décembre.
Pourtant, de nombreux salariés restent dubitatifs. « PIP s'est évertué à montrer que sa trésorie est suffisante pour faire face aux dettes ». Mais, « le plan de restructuration ne correspond à aucune réorganisation », « rien n'a changé ». Ou alors c'est une restructuration à la hache : le service marketing France a été « décapité ».
Pire, « il y a des jours où on ne travaille pas : on attend d'avoir de l'argent pour payer la matière première ». Une salariée est amère. « Pour la première fois, je ne crois plus dans l'entreprise ».
Combien de dettes ?
L'avenir de PIP doit encore s'écrire. Les licenciements seront-ils suffisants pour réaliser les « 840 000 euros d'économies attendues sur un an » ? Le risque d'un redressement judiciaire n'est pas définitivement écarté. « On a reculé l'échéance, mais on a aussi perdu beaucoup de temps », analysent plusieurs salariés.
La direction a quelques mois pour écrire son plan de continuation et proposer un plan d'apurement des dettes. Quel est le passif de PIP ? Secret industriel.
« Le passif est tout à fait normal », certifie Jean-Claude Mas. « Le passif s'est largement creusé », s'inquiète une salariée.
Les dettes pourront être étalées sur 10 ans maximum. Le 4 mai, s'achèvera la procédure dite de sauvegarde, qui met, pour l'instant, PIP à l'abri de ses créanciers.
source: Sonia Bonnin - var matin


