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Nicky
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Date du message : jeudi 11 février 2010 à 00h08
Escaliers mécaniques de CNIM : tout le monde descend

Photo : Magali Ruffato
Depuis septembre 2009, la division Transport du groupe CNIM est à vendre. Les escaliers mécaniques, produits historiques, étaient fabriqués aux Mouissèques.
Nicolas Sarkozy avait choisi les ateliers du groupe CNIM (Constructions industrielles de la Méditerranée), pour vanter le bilan de son plan de relance. C'était en décembre dernier. Avant lui, Dominique de Villepin, alors Premier ministre, l'avait précédé, pour soutenir la création du pôle Mer Paca (1).
À chaque fois, le chemin des plus hautes personnalités de l'État est passé par ces hangars de haute technologie. Le groupe CNIM est l'un des fleurons industriels français, dont La Seyne est le berceau historique.
Ironie de l'histoire, le président en exercice y avait déclaré : « Je veux garder les employés en France ».
Dans cette entreprise pourtant, certains salariés sont inquiets. La division Transport est à vendre et la construction d'une usine au Maroc fait craindre « pour l'avenir de l'activité environnement, implantée à La Seyne », selon un tract du syndicat CGT.
Dans le rouge
La division Transport est dans le rouge depuis des années. Avec l'ouverture d'une usine en Chine en 2006, CNIM avait pour objectif de retrouver l'équilibre. En quelques petites années, la production seynoise a décliné.
« En 2005, 300 appareils sortaient des ateliers », explique Philippe Valeriani délégué CGT, « aujourd'hui, zéro ». Si ce n'est le suivi des contrats en cours.
CNIM La Seyne (2) n'a pas licencié, les ouvriers de la maison (environ 40) travaillent désormais sur d'autres produits. Dessinateurs industriels, ingénieurs et chef de projet sont pour moitié reclassé.
La CGT s'étonne d'ailleurs que la direction demande des CV « à des salariés qui travaillent dans la maison depuis 30 ans ».
40 ans à La Seyne
Les escaliers mécaniques furent une production emblématique des CNIM, dans les années soixante-dix (lire ci-contre).
Ces dernières années, « CNIM a échoué sur la Chine, tandis que le marché européen chutait », décrypte Jean-Pierre Polidori, délégué FO. « Selon la direction, la division perd cinq millions par an », précise encore la CGT.
Depuis septembre 2009, la division est à vendre (3), y compris son usine chinoise.
Le groupe a fait le choix de la haute technologie ; les escaliers mécaniques ne semblent plus correspondre à ces critères.
« Oui, c'est une déception, témoigne Jean-Pierre Polidori, les escaliers mécaniques, c'était l'image grand public de CNIM ».
La CGT renchérit : « Il y a quelque chose qui s'en va. Depuis 40 ans, on faisait des escaliers mécaniques à La Seyne ». Le syndicat s'inquiète de devenir une « entreprise d'ingénierie, où il n'y aurait plus de production ».
En 20 ans, CNIM à La Seyne a vu ses effectifs des ouvriers décliner de plus de moitié. La matière grise supplante le bleu de travail.
1. Février 2006, avec Jean-Louis Borloo, ministre de l'emploi, et Hubert Falco, sénateur-maire.
2. Malgré nos appels, il n'a pas été possible de s'entretenir avec la direction, ni locale, ni nationale.
3. La division Transport comprend aussi la fabrication d'ascenseurs et de portes-palières. Elle compte 900 salariés dans le monde, 250 en France et une vingtaine à La Seyne.
source: Sonia Bonnin - varmatin


