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Nicky
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Date du message : jeudi 25 août 2011 à 17h52
Érosion des plages: les maires se mobilisent

Un schéma départemental préfigure d’une stratégie globale, que le préfet s’est promis d’appuyer, rappelant que le littoral est un bien public et commun, qu’il convient de défendre et sauver. photo: Sophie Louvet
Comment contenir l’érosion de nos plages ? C’est la question brûlante qui a animé les débats de l’assemblée générale des maires du littoral
Le préfet avait promis de venir. Malgré un programme estival très chargé, Paul Mourier est arrivé dare-dare au Lavandou, où s’est tenue, récemment, l’assemblée générale du syndicat des communes du littoral varois, présidé par Gil Bernardi, maire du Lavandou. Au total, trente communes étaient représentées. L’enjeu est de taille : comment sauver les plages du Var, grignotées d’année en année par une érosion quasi inéluctable ? Des témoignages concrets ont fusé et des solutions possibles ébauchées.
« Savez-vous que la loi littoral est née dans le Var en 1986 ? », a signalé Gil Bernardi en introduction. « Aujourd’hui, l’érosion côtière s’accélère à une vitesse exceptionnelle ». « Je mesure les enjeux qui pèsent sur vos communes et je suis là pour vous épauler », a répondu le préfet. « J’ai conscience des enjeux économiques et touristiques que ce problème pose et je serai attentif à toutes vos suggestions. » Justement. Les suggestions n’ont pas tardé.
« Mutualiser les stocks de sable »
C’est d’abord le maire de Hyères, Jacques Politi, qui a livré son expérience de boudins géotubes, installés au large de la plage de La Capte. Face à l’attaque frontale de la houle, deux boudins d’un mètre de haut et de 21 mètres de long en géotextile et un tapis antidérapage ont été fixés sous l’eau en 2008. « 12 000 mètres cubes de carrière ont été nécessaires et ont permis une atténuation des effets de la houle de 20 à 45 %. »
« Quel impact sur les posidonies ? », a demandé un maire voisin. « Aucun et l’écosystème a été préservé », a répondu le responsable du projet hyérois. Mais problème : une déchirure d’un des boudins de 6 mètres de long a été constatée et l’ajout d’un boudin sous marin supplémentaire est aujourd’hui envisagé.
« Nous, à La Londe, les travaux de désensablement nous coûtent 300 000 euros et, chaque année, il faut de nouveau désensabler », a déploré le maire, François De Canson. « A La Seyne, sur la plage de Mar Vivo, l’eau arrive à fleur de murs par endroits », a expliqué la première adjointe au maire, Raphaëlle Le Guen. « Et les blocs brise-houle qui avaient été implantés se sont affaissés. Comment s’en sortir ? »
« Il faut mutualiser les stocks de sable : libérer les plages qui en ont trop pour équiper celles qui n’en ont pas assez. A Carqueiranne, par exemple, nous avons du sable du Lavandou », a signalé Marc Giraud, le maire. « Et à Toulon, on bénéficie du sable de Bormes », a ajouté Mme Verdery, adjointe d’Hubert Falco. « Chez nous, les digues ne jouent plus leur rôle de brise-lame. Même les plages artificielles souffrent. »
Les herbiers nos meilleurs alliés
Au Lavandou, l’exemple de cette érosion implacable est flagrant : sur l’une des plages de sable fin, le littoral a reculé de quatre mètres. « Quatre mètres qui ne sont jamais revenus », a commenté Gil Bernardi, qui a plaidé pour un plan d’urgence (notre encadré). « Et la bêtise que nous avions faite à l’époque, c’était d’enlever des posidonies qui bordaient la plage. C’était une erreur. » Après ce mea culpa, la représentante du conseil régional a rappelé que « les herbiers étaient les meilleurs alliés contre l’érosion et qu’une cartographie du littoral serait réalisée pour avoir une banque de données précise de la situation ». Satisfecit des maires du littoral.
« Mais attention : chaque cas d’érosion est particulier. Une solution globale pour toutes les communes n’est peut-être pas adaptée », a mis en garde le représentant de la mairie de Fréjus. Ce qui est sûr, c’est qu’à l’initiative du conseil général, un schéma départemental vient de se terminer. Il préfigure d’une stratégie globale que le préfet s’est promis d’appuyer. « Le littoral, c’est du domaine public : notre bien commun qu’il faut défendre et sauver. Tous ensemble, nous allons nous y employer », a conclu le représentant de l’État.
source: Fred DUMAS - var matin
Nicky
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Date du message : jeudi 25 août 2011 à 15h19
La Seyne (Plage de l'anse Mar Vivo) : une terrasse les pieds dans l'eau

« L'Estanco », autrefois solidement ancré dans une langue de quinze mètres de sable, ressemble aujourd'hui à une terrasse sur pilotis. Photo Dominique Leriche
Hervé Forest, le propriétaire du seul établissement de plage de l'anse Mar Vivo, à La Seyne, ne comprend pas. En trente ans d'exploitation, il n'a jamais vu ça !
« L'Estanco », petit commerce autrefois solidement ancré dans le sable, ressemble aujourd'hui à une terrasse sur pilotis. Alors qu'il était « tanqué », au niveau de la plage de sable, il trône aujourd'hui un mètre au-dessus du niveau de l'eau. Et son accès relève de l'acrobatie…
Oh, bien sûr, le phénomène s'est déjà produit quelquefois, lors de grosses « largades », mais jamais deux années consécutives : « Cela restait occasionnel. On savait qu'il y avait des années creuses. La règle voulait que les cycles se reproduisent tous les sept ans. Mais, là, je ne comprends ce qu'il se passe. Et ce d'autant moins qu'au printemps, il y avait encore une bande de sable conséquente. D'habitude, cela va en s'améliorant, au fur et à mesure que l'on avance dans l'été. Cette année c'est l'inverse. Je pense que c'est un problème de courants… »
Nouveau déplacement de l'eau, ou accès de faiblesse du brise-lames, érigé au large voilà vingt ans, pour éviter que la houle ne rentre trop fort sur le littoral ? Le problème est aujourd'hui aigu et lui cause un lourd préjudice. Car là où, en 2007, il pouvait encore aligner trois belles rangées de matelas, il n'en case plus qu'une petite dizaine. Sans parler de la fréquentation de la plage qui, forcément, est en chute libre : « J'ai remarqué que, dans le quartier, de nombreux appartements à la location n'ont pas trouvé preneur cette année. »
D'après ses calculs, son chiffre d'affaires sera encore divisé par deux cette année et il prévoit une nouvelle perte de l'ordre de 30 000 euros. Ce n'est plus tenable : « Franchement, si on n'améliore pas la situation, je ne pourrais pas continuer. Que deviendra Mar Vivo sans un établissement de plage? La foi m'a guidé pendant des années mais là, je n'y crois plus… », explique le malheureux plagiste.
Aujourd'hui renvoyé à son problème par la municipalité, qui ne sait pas vraiment par quel bout prendre et ramener cette capricieuse langue de sable, Hervé Forest, à défaut de travailler comme un forcené, a le temps de tourner les pages de son album photo. Il y retrouve la belle époque, pas si lointaine, où la plage s'alanguissait encore sur une largeur de plus de quinze mètres…
source: var matin


