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Nicky
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Date du message : lundi 24 juin 2013 à 00h04
Un livre hommage aux chaudronniers tuyauteurs

« Nous étions en permanence 120 à l’atelier et 160 à bord… aujourd’hui on continue à se voir et à se retrouver une fois par an lors d’un grand repas, c’est un repas de corpo », explique René Giovannangeli, un ancien de la Navale
Cette corporation, c’est celle des tuyauteurs. Et aux chantiers de La Seyne, elle n’est pas de celles qui passaient inaperçues ! De toutes les luttes, mobilisés et solidaires pour défendre leurs droits, les tuyauteurs étaient des travailleurs des plus engagés. « C’est un atelier très profondément à gauche marqué par son appartenance syndicale, majoritairement CGT, et un engagement politique très fort. »
Et si leur entreprise n’existe plus aujourd’hui, eux, telle une grande famille, demeurent toujours très soudés 25 ans après la fermeture des chantiers. Fin mai, c’est ainsi qu’ils étaient 70 autour de la table au restaurant l’Hacienda. Un rendez-vous honoré chaque année, sans faute, depuis 1987. Évidement il y a des absents, certains sont malades, d’autres ont malheureusement été emportés, par l’amiante notamment... Pour autant, les vivants continuent de perpétuer l’esprit fraternel qui autrefois les unissait.
50 ans de témoignages vivants
Au-delà de ces rencontres annuelles, René Giovannangeli et Marcel Connan, respectivement 20 ans et 14 ans de chantiers navals, ont eu envie de revenir sur cette histoire, de partager cette mémoire et de rendre hommage à la profession qui fut la leur. Ceci à travers un livre dont la parution est prévue en novembre 2013.
Ils se sont attelés à la tâche il y a peu plus d’un an. « Nous avons recueilli des témoignages et rassemblé des photos, on parvient à couvrir 50 ans avec notamment le témoignage d’un tuyauteur entré aux chantiers en 1939, et il est toujours vivant, souligne Marcel Connan. Nos recherches nous ont permis de retrouver 500 noms de tuyauteurs depuis 1939. » Dans ce livre de près de 250 pages, ils promettent de nous faire côtoyer des ouvriers, contremaîtres, chefs d’équipe, dessinateurs, élus communistes, membres de la CGT, syndicalistes, prêtres ouvriers... avec des témoignages « remplis de sincérité et d’amour de leur profession ».
Fausse mauvaise réputation
Fiers d’appartenir à cette grande famille, les deux auteurs tenaient aussi à réaliser cet ouvrage « par respect pour les anciens ». Et surtout il manquait, selon eux, cette mémoire des chantiers dans les nombreux écrits et témoignages existants. Souffrant d’une mauvaise réputation - « on nous a fait passer pour des bras cassés » -, il s’agissait de rétablir cette vérité sur une profession qui a largement contribué à la construction des navires. Cette rumeur, « c’était manquer de respect à tous ceux qui se sont évertués à trimer pour voir avec plaisir partir vers des mers inconnues les fruits de leur travail ».
source: Nirina Thoreau - la marseillaise


