Champs obligatoires
Historique de la discussion
Nicky
Membre
Date du message : mardi 24 septembre 2013 à 16h38
... Suite ...
Vous parlez de clichés… A l'approche des municipales, émettez-vous des craintes ?
J'ai peur des partis extrêmes, oui. Même si je ne peux présager de ce qui va arriver à la cité Berthe. En tout cas, j'ai rarement filmé autant de sourires. Et par ailleurs, beaucoup de misère. Tout n'est pas merveilleux. J'ai vu des endroits insalubres. Depuis, les habitants ont été relogés. C'est super.
Vous comprenez leurs refus de quitter des tours délabrées ?
Quitter un appartement sale, ils sont d'accord. Mais la cité Berthe reste leur histoire, leur patrimoine. Quand une tour tombe, un accompagnement est nécessaire. Les riverains devaient comprendre que rénover prend du temps. Pour finir, la médiathèque Andrée-Chedid est une réussite. Un bon présage.
Après tant d'années passées dans Berthe, quelle est votre vision ?
J'essaie d'être toujours positive. Même si certains moments peuvent être désagréables. La plupart du temps, les gens apprécient que je vienne vers eux leur demander"Comment vous vivez ? ". Il y a de l'espoir, c'est essentiel. Dans le film, un Seynois de 25 ans donne une vraie leçon de vie. Il explique, lucide, comment il s'est senti stigmatisé, qu'il a dealé pour l'argent et qu'aujourd'hui il travaille sur les chantiers où il trime parce qu'il n'a pas fait d'études.
Souhaitez-vous diffuser ce message d'espoir à une plus grande échelle ?
Mes films ne sont pas adaptés à la télévision. J'ai été diffusée sur une chaîne câblée mais je ne suis pas formatée. C'est un choix revendiqué et assumé. À chaque fois, mon but est de suivre, pas à pas, le processus de transformation de chacun. Ce qui peut être long. D'ailleurs, cela me transforme moi-même.
Et au niveau local ?
J'essaie de projeter mes documentaires dans le plus d'endroits possibles. Concernant La Seyne, je peux l'annoncer : il y a la médiathèque Andrée-Chedid, le Clos Saint-Louis et le centre social Nelson-Mandela. Après ces séances en public, les images continuent d'exister dans des festivals, des projections... Partout en France, même au Maroc. Malheureusement, je suis très inquiète pour l'avenir. Les subventions s'amenuisent. De moitié entre 2012 et 2013. J'espère au moins pouvoir arriver jusqu'à la fin des travaux. Et revenir cinq ou dix ans après. c'est un réel défi, je ne suis pas sûre d'y arriver.
source: C. Chemin - var matin
Nicky
Membre
Date du message : mardi 24 septembre 2013 à 16h37
Natacha Cyrulnik, un autre regard sur la cité Berthe

Natacha Cyrulnik souhaite pouvoir suivre le processus de transformation de la cité Berthe jusqu'à la fin des travaux (photo: Dominique Leriche)
Le film "Les Ouvriers", la zermi et la médiathèque est diffusé, aujourd’hui, à 14 h au centre social Nelson Mandela. La réalisatrice retrace l’évolution urbaine et humaine du quartier
Le film "Les Ouvriers", la zermi et la médiathèque est diffusé, aujourd’hui, à 14 h au centre social Nelson Mandela. La réalisatrice retrace l’évolution urbaine et humaine du quartier
Natacha Cyrulnik a dû se faire accepter. En quinze ans de travail auprès de la cité Berthe, la réalisatrice s'est approprié des codes de langage et de comportement avant de parvenir à créer un lien avec les riverains.
Défi réussi. En attesteLes ouvriers, la zermi et la médiathèque,qui vient s'inscrire dans une succession exhaustive d'une vingtaine de documentaires sur le sujet.
Par ses regards et ses interviews, la fille de l'éminent psychiatre et de l'adjointe à la culture de La Seyne, révèle comment les habitants perçoivent les divers changements opérés sur leur environnement. Explications.
Quelles sont les raisons qui vous ont amenée à Berthe ?
Je suis arrivée à La Seyne à 15 ans. Ce fut un déchirement, imposé par mes parents. Une fois le bac en poche, j'ai vite fait mes valises pour Paris. Quand je revenais en vacances, j'appréciais le cadre différemment. D'autre part, ce tiers de ville cloisonné m'intriguait. L'opération « Un été au ciné » lancée par le Centre national du cinéma, envoyait de jeunes réalisateurs dans « les quartiers chauds ». J'ai sauté sur l'occasion, deux ans après les violences urbaines de 1997.
Aviez-vous des appréhensions ?
Très rapidement, j'ai su que je voulais faire « un travail de rue ». Lors de ma première année à la cité, j'étais enceinte de sept mois. La proie idéale. Des gamins m'ont demandé si je ne craignais pas qu'on me vole ma caméra. J'ai répondu qu'ils ne sauraient pas s'en servir mais qu'on pouvait faire un film ensemble. Ce fut relativement facile. J'ai, tout de même, été canardée une fois. Quand j'ai recroisé celui qui m'avait agressée, des années après, on a pu parler.
Comment expliquer une telle colère émanant de certains ?
Les jeunes sont incompris et enfermés dans des clichés, dans lesquels ils finissent par s'enfermer eux-mêmes. Ils souffrent d'une terrible image véhiculée par les médias. D'autant que mon travail auprès d'eux consistait en la critique des images.
... @ suivre ... ![]()


