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Posté le 13/07/2008 à 00h48 par Nicky
Éthylotests en discothèque : souffler, c'est pas gagné !
Les éthylotests électroniques devraient bientôt être obligatoires dans les boîtes de nuit. Les patrons rechignent et proposent d'autres solutions

Photo : Magali Ruffato - La Villa Bivona, à La Seyne, a été le premier établissement varois à se doter d'un éthylotest.
L'idée est loin de soulever l'enthousiasme des patrons de discothèques. « Emplâtre sur une jambe de bois », « inutile et coûteux » : les critiques pleuvent concernant l'installation d'éthylotests électroniques en boîtes de nuit. Les deux réunions organisées le mois dernier sur ce sujet, rassemblant préfet, police, gendarmerie, prévention routière, justice, patrons des discothèques... ont été houleuses. Et même si un consensus est sur le point d'être trouvé et une charte signée prochainement, tous les problèmes ne sont pas résolus.
L'idée provient de Jean-Louis Borloo. Au lendemain du dernier week-end de la Pentecôte, particulièrement meurtrier sur les routes, le ministre de l'Ecologie avait annoncé que dès janvier 2009, ces équipements seraient obligatoires.
« Nous ne sommes pas des gendarmes »
Concrètement, il suffit de souffler dans une paille reliée à une borne fixe. Simple. C'est après que ça se complique.
« Si c'est positif, que fait-on ? » questionne Marco, patron du Village, à Fréjus. « On n'a pas le droit de garder les clés d'un client. On peut discuter avec lui, mais s'il veut partir, on ne peut pas le retenir. »
« Nous ne sommes pas des gendarmes », renchérit Jacky (Le Club, Sainte-Maxime), qui se dit « las que les discothèques soient toujours montrées du doigt. Nous sommes les boucs émissaires des morts sur la route. » Alors que « 74 % de l'alcool acheté en France l'est dans la grande distribution, pas dans les bars », précise Gilles Pinson, propriétaire du Prosper (Carqueiranne). « La consommation moyenne dans nos établissements est d'un verre et demi. C'est trop facile de nous incriminer ! »
Sans compter, reprennent en choeur tous les patrons de discothèques, que les bars de nuit, ouverts jusqu'à deux heures du matin, sont soumis à des obligations beaucoup plus souples. Les jeunes y consomment pourtant de l'alcool, avant de finir en boîte.
« Il faudrait nous donner des moyens »
Par ailleurs, les éthylotests électroniques coûtent entre 1 600 et 1 900 e. Plus 20 à 30 centimes par paille, à jeter après utilisation. Des dépenses qui font grimacer les patrons de night-clubs. Ils espèrent des aides financières de l'État ou du conseil général, « des mesures fiscales et d'accompagnement », suggère Jean-Pierre Ghiribelli, président de l'UMIH (1).
C'était d'ailleurs un des points en discussion de la fameuse charte. L'autre, le principal, étant : « Sommes-nous dégagés de toute responsabilité en cas d'accident ? », résume un commerçant. Réponse : « Non. L'État ouvre le parapluie », lance, amer, Jacky.
« Qu'on nous comprenne bien », insiste Marco : « Nous vendons du contact humain, pas de la mort. Les gens viennent trouver une vie sociale ici. Nous sommes conscients de nos responsabilités. Mais il faudrait nous donner des moyens. Car des idées, nous en avons (lire ci-dessous). »
1. Union des métiers et des industries de l'hôtellerie.
source: Var Matin
...cordialement...Nicky...

