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Posté le 28/10/2008 à 05h21 par Nicky
Il dit voler pour survivre et s'achète... un « home cinéma »
À part ses yeux, rien ne bouge. Le prévenu, Thierry R., en serait même inquiétant avec un regard fixe, hypnotique. De sa bouche, de maigres sons parviennent à sortir lorsque le président du tribunal lui demande de s'expliquer sur treize vols avec destruction commise entre avril et septembre 2008 dans la région seynoise.
Loin d'être envoûté par ce personnage de 51 ans au casier judiciaire chargé, le magistrat résume rapidement les faits. La plupart ont été réalisés dans des véhicules. « Pourquoi autant de vols ? », interroge-t-il. Comme réveillé d'un profond sommeil, le prévenu explique être en situation de surendettement. « Je revendais les objets pour m'en sortir. »
« Et les victimes, vous y pensez ? »
« Vous faisiez comme les traders de bourse qui tentent de se refaire ! Sauf que vous, ce n'est pas 600 ME. Mais il y a tout de même des victimes. dont vous avez fracturé les voitures pour y dérober des objets », lui lance le président avant de lire la longue liste des condamnations précédentes.
De la première comparution en 1990 à hier, six autres jugements sont tombés. Tous l'ont déclaré coupable. Toujours aussi stoïque, l'homme évoque sa pension d'invalidité. « Je touche 628 e par mois. C'est difficile. » Sur l'éventualité d'indemniser les victimes : « J'ai eu un appartement en héritage. »
La vision de la représentante du ministère public est tout autre. À des années-lumière de celle du prévenu. Elle évoque les tours de passe-passe de l'homme. « Il vole toujours aux mêmes endroits. Le 21 septembre, il est pris en flagrant délit par les policiers de la brigade anticriminalité de La Seyne alors qu'il vient de briser la vitre d'une voiture pour dérober un sac en cuir. »
Dernière chance
Le prévenu ne bouge pas même un cil. Droit comme un I. « Comme il vole par nécessité, pour ce qui est indispensable à sa survie, il va ensuite s'acheter... un home cinéma ! ». Elle réclame deux ans de prison ferme (peine plancher) et un mandat de dépôt.
La défense qui argumente sur la personnalité et la nécessité d'un suivi médical est suivie par le tribunal.
« C'est votre dernière chance, relève le président. Vous êtes condamné à deux ans assortis de sursis avec mise à l'épreuve et une obligation de suivi médical. »
source: P. Poletto - Var Matin
...cordialement...Nicky...

