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Posté le 01/03/2009 à 00h16 par Nicky

Obama ? « Je le verrais très bien dans le Midi ! »


Photo : DR - Le président américain est venu dans la boutique du boulanger canadien d'origine seynoise, Claude Bonnet.
Quand il décroche son téléphone, il nous salue d'un chaleureux « good moorning Var-matin. » Et à sept heures du matin, le sourire est déjà là. Pourtant, Claude Bonnet est le boulanger-pâtissier le plus sollicité du Canada.

Depuis que Barack Obama est venu dans le « Moulin de Provence », lors de sa visite officielle à Ottawa, le boulanger français a enchaîné une bonne quarantaine d'interviews. « Nous avons tous les médias de la Terre autour de nous », rigole-t-il. Avec ce même sourire, qui a accueilli l'homme le plus puissant de la planète.

Bain de foule et biscuits sablés

Claude Bonnet raconte : « Je sais que Barack Obama voulait prendre un bain de foule et acheter des biscuits pour les ramener à ses filles. Honnêtement, je ne sais pas comment il est arrivé chez nous. » Il faut pourtant dire que la boutique a, depuis longtemps, une excellente réputation. Installé dans un quartier très marchand, le Français compte parmi ses fidèles clients les ambassades de France et des États-Unis. « Mon credo est de dire : " Venez chez nous, vous allez trouver le Midi ! " »

C'est ainsi que les habitants d'Ottawa découvrent les fougasses au thym, romarin, ail et olives, les tartes tropéziennes et pizza provençale, qui n'ont rien à voir, bien sûr, avec leurs petites soeurs américaines.

« Le président a pris le temps de discuter avec les employés. Il a un contact très amical et il est d'une grande simplicité. Quelle classe, quel homme charismatique ! Je le verrais très bien dans le midi. » Le président aurait même prononcé ces quelques mots : « I love Provence. »

Barack Obama et ses biscuits ont passé plus de dix minutes dans la boulangerie, « contre 30 minutes avec le Premier ministre canadien, souligne Claude Bonnet. C'est considérable, dix minutes dans la vie d'un chef d'État ! » Ultime fierté, ses biscuits en pâte sablée se sont envolés à Washington à bord de Air Force One. « C'est incroyable, non ? »

Un méridional globe-trotter

Avec son enfance aux Sablettes, ses premières années comme cuisinier en Asie et au Moyen-Orient, Claude Bonnet est un méridional globe-trotter. « Mon père était officier sur les bateaux de la Marine. Il m'a ouvert les yeux sur le monde. Nous avons beaucoup voyagé et j'ai adoré cette vie. Tous les enfants devraient l'avoir. »

Les plus belles années de son enfance, il les a passées entre le cap Sicié, la corniche Tamaris et Saint-Mandrier. « Nous habitions derrière le casino, j'ai été élevé sous les pins parasols. Ce sont des souvenirs extraordinaires, une grande époque pour les jeunes. Les Sablettes étaient courues pour le plaisir, la danse et les surprises parties. »

Le jeune garçon a suivi sa scolarité aux Maristes : « Les frères étaient durs, mais ça a été une très bonne éducation pour moi. »

Puis dans les années 70, la famille est repartie. Claude quitte l'école à 14 ans et choisit de devenir cuisinier. A 21 ans, c'est l'appel du large, le grand départ. Il exercera devant les fourneaux au Japon, en Chine, en Iran, mais surtout en Irak, en 1979.

Autant dire que Claude Bonnet n'a pas regardé le début de la guerre menée par Bush avec indifférence. « Ces populations n'avaient déjà pas grand-chose, mais là, elles n'ont plus rien. On ne peut pas être d'accord avec la guerre, ce sont toujours les populations civiles qui souffrent. »

Au moment de la révolution islamique en Iran, commencent les hostilités Iran-Irak.

Les Français employés par l'hôtel démissionnent. « On a fait fissa et on est rentré. » Le jeune homme refera sa valise quelques mois plus tard. Cette fois, pour le Grand Nord. Montréal puis Ottawa. Non loin de Chicago, le fief d'un certain Obama. Sonia Bonnin
source: var matin

...cordialement...Nicky...