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Posté le 27/02/2010 à 00h21 par Nicky
Ouvriers le jour à Janas, détenus la nuit à La Farlède

Photo : Dominique Leriche
Walid, Marc et Ange : trois détenus en fin de peine qui participent à un chantier de débroussaillage à Janas. Pour eux, c'est l'occasion de préparer leur sortie de prison.
Ils portent une combinaison et un gilet jaune fluo comme n'importe quel technicien d'un service « espaces verts ». Ils ont les mêmes gants, les mêmes outils. Dans la forêt de Janas, ils font le même boulot qu'une entreprise de débroussaillage. Walid, Marc, et Ange travaillent sur la piste DFCI (Défense des forêts contre les incendies, empruntée par les pompiers) W918-919. Ils élaguent, taillent, coupent l'herbe.
Pourtant, ce ne sont pas des ouvriers comme les autres. Lorsqu'ils ont terminé leur journée, ils rentrent à la prison de La Farlède. Walid, Marc et Ange sont des détenus en fin de peine (moins de 12 mois). On ne sait pas combien ils ont pris, ni pourquoi.
Peu importe.
Ils se sont portés volontaires pour travailler sur un chantier d'insertion chapeauté par l'Association communautaire emploi et partage (ACEP) (1). Leur candidature a été acceptée par le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP), puis validée par le juge d'application des peines.
Cette autorisation leur permet de sortir de la prison pendant trois mois - renouvelable une fois - pour se rendre en journée sur le chantier.
Retrouver des repères
Depuis le 21 décembre dernier, six détenus oeuvrent par équipe de deux sur le site de Janas. Ils sont encadrés par un formateur de l'ACEP, les services espaces verts et prévention de la ville assurent aussi un suivi. La commune met à disposition le matériel, et prend en charge les repas.
« Ils ne viennent pas pour prendre l'air. Ils sont là pour réapprendre à avoir des repères : se lever le matin, travailler, avoir une hiérarchie, recevoir des consignes et des conseils. C'est difficile. Mais la plupart sont motivés, et parfois, cela suscite des vocations », explique Stéphanie Damaz, chef des chantiers extérieurs de l'ACEP.
60 à 70 % de détenus réinsérés
C'est le cas de Walid, 33 ans. « J'étais peintre en bâtiment. Mais j'aime bien cette branche. À ma sortie, j'aimerais trouver un emploi dans les espaces verts ou le magazinage. J'ai fait une formation de magasinier en prison aussi », raconte-t-il.
Ange, 27 ans, n'est pas vraiment dépaysé. « Mon métier, à la base, c'est paysagiste. J'ai déjà travaillé dans les vignes. Ce chantier m'apporte des connaissances en plus », souligne-t-il. Quant à Marc, 45 ans, c'est une découverte totale. « Je suis barman à l'origine. C'est très nouveau pour moi le débroussaillage, mais j'aime bien ça. Ca me replonge dans le monde du travail », témoigne-t-il.
Pour eux, l'expérience présente beaucoup d'avantages. D'abord, celle de voir la lumière du jour. Ensuite, ils touchent un salaire (le Smic). Enfin, ils peuvent prétendre à une remise ou un aménagement de peine (liberté conditionnelle, bracelet électronique).
Pour l'ACEP, le bilan est aussi positif.
« Entre 60 et 70 % des détenus parviennent à s'insérer à leur sortie de prison, soit professionnellement, soit en retrouvant un logement, soit en se soignant », précise Stéphanie Damaz. Et depuis 2006, seuls deux détenus sur 100 ont tenté de s'évader.
1. C'est le quatrième chantier d'insertion mené par l'ACEP à La Seyne. Il se déroule dans le cadre du Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) en partenariat avec la Ville de La Seyne, la Région, le conseil général et l'État, via le fonds interministériel de prévention de la délinquance. L'association, basée à Toulon, travaille aussi sur La Londe, Le Pradet, La Crau, Carnoules, Pierrefeu.
source: Marielle Valmalette - var matin
...cordialement...Nicky...

