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Posté le 06/03/2012 à 10h11 par Les relais de la Mémoire
Les samedi 24 et dimanche 25 mars auront lieu les quatrièmes « Journées de la Résistance », à la salle Guillaume Apollinaire, avec un programme on ne peut plus alléchant. Jugez donc:
Le samedi 24 sera projeté gratuitement le film primé aux Césars 2012 du meilleur documentaire, "Tous au Larzac", suivi d'un débat animé par Eric Darley, paysan du Larzac et ancien de cette lutte victorieuse. Le débat sera suivi d'un pot de la fraternité.
Le dimanche 25, et ce après René Char en 2009, Louis Aragon en 2010 et Paul Eluard en 2011, sera consacré au poète résistant Robert Desnos, mort en déportation en 1945: "La liberté de la poésie au service de la Résistance". Cette conférence interactive sera animée par Fabrice Pras, professeur de lettres. A cette occasion, des poèmes de Robert Desnos seront lus par une jeune collégienne seynoise. Cette conférence sera suivie par la projection du film "Des résistants parlent aux jeunes" et d'un débat qu'animeront le docteur Paul Raybaud, Pierre-Yves Canu et Claude Roddier, la fille du lieutenant Gleb Sivirine, du maquis Valier.
Après le succès des années précédentes, nous espérons que vous serez toujours plus nombreux à assister à ces journées.
Qu'on se le dise !


Posté le 07/03/2012 à 18h03 par Fredo83
Robert Desnos vu par René Char (Simoun novembre, 1956):
"Il est des poètes parmi nos contemporains qu'il ne serait presque pas nécessaire d'avoir connus ou fréquentés pour leur vouer un réel attachement tant leur personne physique, l'arc-en-ciel de leur regard quotidien - ces mystères qui provoquent la sympathie, l'amitié - se trouvent présents dans leur poème à côté de la beauté du poème même. Les mots de leur parole rapide courent avec un enjouement délicieux sur tout le parcours de leur vers, comme ces couples d'oiseaux bruyants qui se poursuivent l'été dans le flanc accidenté des rivières".
Puisque certains, aujourd'hui, se permettent "innocemment" - et en toute impunité - de citer Robert Brasillach dans leur discours d'avant présidentielle, il est grand temps de rétablir un certain équilibre et de rendre hommage à un poète comme Robert Desnos, résistant de la première heure et mort en déportation
Robert Desnos, lors de sa glorieuse période surréaliste:

Le même, au camps de Theresienstadt libéré, en Tchécoslovaquie, en 1945, peu de temps avant sa mort du typhus:

Posté le 08/03/2012 à 19h19 par calambo
Comment l'esprit de résistance vient au coeur des poètes:
Robert Desnos:
Ce coeur qui haïssait la guerre
voilà qu'il bat pour le combat et la bataille !
Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons,
à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.
Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c'est le bruit d'autres coeurs, de millions d'autres coeurs
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,
Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l'ombre
à la besogne que l'aube proche leur imposera.
Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté
au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.
Extrait de L'honneur des Poètes
calambo
Posté le 14/03/2012 à 14h18 par calambo
"Gardarem lo Larzac"
ou 10 ans de lutte, de résistance et la victoire au bout
En 1971, la décision prise, sans concertation préalable, d'agrandir de 14.000 hectares le camp militaire du Larzac (créé en 1902, sur 3.000 hectares), provoque d'abord une vague unanime de protestations en Aveyron. Très vite, les notables locaux se mobilisent, en espérant une solution à l'amiable, jugée finalement inacceptable par les paysans du Larzac. Ces derniers (103 familles concernées) prennent alors l'engagement de ne rien céder sous la contrainte (Serment des 103), et optent pour des formes d'action non-violente. Ils bénéficient du soutien de syndicats, de partis politiques et d'autres mouvements de la société civile, coordonnés à travers quelques cent cinquante "comités Larzac" à travers la France. D'abord locale, puis nationale, cette résistance a vite connu un écho international
Pour mobiliser l'opinion publique, les dix années de résistance (1971-1981) sont ponctuées de grands rassemblements, mais aussi de très nombreuses manifestations, de blocages de manœuvres militaires, de "montées" sur Paris (avec des brebis, puis en tracteur, puis à pied), de jeûnes publics, d'entraves aux enquêtes administratives, de recours juridiques systématiques, d'actions de désobéissance civile (refus 3% de l'impôt, collecté par l'APAL ; renvois de livrets militaires), d'un séjour en prison pour vingt-deux personnes. La création d'un journal mensuel (Gardarem lo Larzac) permet d'informer régulièrement le mouvement de soutien
Cette résistance consiste par ailleurs à reconquérir les terres agricoles peu à peu désertées, en construisant des bergeries sans permis, en achetant collectivement des terres convoitées par l'armée (Groupements Fonciers Agricoles), en installant de nouveaux agriculteurs sur des terres abandonnées, en soutenant des occupations illégales de bâtiments, en cultivant les terres acquises par l'Etat, etc.
L'armée ne réussit pas à acquérir à l'amiable plus de 40 % des terres convoitées. Après avoir longtemps tergiversé, l'Etat finit par utiliser la contrainte juridique de l'expropriation, ce qui a pour effet, inverse à celui recherché, de relancer le soutien extérieur. En 1981, l'élection de François Mitterrand comme président de la République met fin au projet d'extension.
www.larzac.org
calambo
Posté le 21/03/2012 à 08h07 par calambo
Extrait d'un article de Bertrand Tavernier
« Il y a d’abord tous ces visages qui crèvent l’écran. Ces visages dont la caméra, on le sent si bien, tombe immédiatement amoureuse, qu’elle n’a pas envie de lâcher tant ils impressionnent la pellicule, les visages de Léon Maillé, Marizette Tarlier, Michel Courtin, Christian Roqueirol, José Bové et pardon pour ceux que je ne cite pas…
A de nombreuses reprises, je me suis dit que Christian Rouaud avait du avoir drôlement du mal à dire « Coupez », à arrêter sa caméra. On le sent si à l’écoute de tous ses personnages, si à l’aise avec eux et si respectueux de leurs émotions, de leurs peines, de leurs joies. J’étais embarqué, je pouvais rester trois, quatre heures de plus pour partager plus longuement leurs espoirs et leurs désillusions, leur ténacité et leur extrême malignité : cette manière de faire tourner en bourrique l’adversaire, de le surprendre, d’avoir un coup d’avance sur lui réjouira tous les amateurs de l’Oiseau Mimi, le Roadrunner dans ses combats incessants contre le Vil Coyote. Ah le récit sur les déboires des gardes mobiles avec les brebis sur le Champ de Mars…
Et c’est vrai aussi que cette chronique de solidarité épique peut enchanter les amoureux du western. Tous les ingrédients sont au rendez vous : ces extraordinaires paysages, ces escarpements, ces ciels qui dévorent l’horizon ( lequel n’est jamais au centre de l’image comme le réclamait John Ford à ses chefs operateurs), ces arbres magnifiques, ces maisons isolées dans lesquelles on se barricade et qu’on défend coute que coute. Ces éleveurs qu’on veut chasser de leurs terres comme ces fermiers expropriés par des compagnies de chemin de fer. Dont on clôture les terres comme dans l’HOMME QUI N’A PAS D’ÉTOILE. Ou qui luttent contre le « progrès », les autoroutes et les camions comme dans SEULS SONT LES INDOMPTÉS (comme par hasard écrit par un scénariste progressiste et de gauche : Dalton Trumbo)
calambo
Posté le 22/03/2012 à 19h21 par Toune83

Posté le 23/03/2012 à 15h39 par Marcel B.

Retrouvé par hasard un vieux magasine des années 80 - avec cette photo - relatant la lutte des paysans contre l'expropriation de leurs terres par l'armée. Je me souviens, en tant qu'ancien des chantiers, que certains de nos camarades étaient montés au Larzac en signe de solidarité.
Marcel
Posté le 24/03/2012 à 17h55 par m
magnifique ce documentaire
