La Seyne - 7ème vague: le mouvement artistique veut déployer ses ailes

Un grand ciel bleu sur le mouvement artistique Septième Vague ? C'est en bonne voie.
« Il y en a qui construisent des théâtres sans savoir ce qu'ils vont y faire. Nous, nous avions tellement d'idées de créations que nous avons dû nous battre pour avoir notre théâtre ». Gérard « Tonton Dgé », artiste, et Gilbert Rinaldi, président de Septième Vague, ont encore soif de créations après plusieurs décennies de succès, modestes certes, mais réguliers.
Le « chaînon manquant » de la culture seynoise aimerait être enfin intégré dans le giron culturel municipal. « Depuis sa création dans les années 70, les affaires culturelles de la ville tournent autour de trois axes, estime « Tonton Dgé » : l'action sur le patrimoine, sur les enseignements artistiques, et sur la diffusion de spectacles. Mais je pense que ce service a eu le tort d'oublier, et même de refuser d'intégrer dans ces axes la création-production ».
Les responsables du mouvement artistique, culturel et citoyen pensent que « là réside l'erreur, car qu'est-ce qu'une action culturelle qui ne révèle ni ne cultive les talents au sein même de la population qu'elle est censée agiter ? » Pertinente question...
Un tort auquel il est peut-être temps de mettre un terme, en s'investissant d'avantage dans les projets - qui ne manquent pas - de l'un des phares de la création artistique locale.
De cinquante à cent places

Tonton Dgé - www.TontonDge.com
Principal de ces projets, l'extension du café-théâtre. « Pour l'heure, nos locaux peuvent accueillir cinquante personnes. Nous souhaiterions doubler cette capacité. »
Un projet - baptisé Théâtre de la Cité - qui visiblement fait consensus. « L'ancienne municipalité - avec qui nos relations avaient d'abord été assez complexes - et la nouvelle ont décidé tour à tour d'engager la réalisation de ce théâtre de cent places : c'est pour nous une énorme satisfaction. »
Le changement de municipalité est globalement vu d'un bon oeil par Septième Vague : « Ce sont tous des Seynois, on se connaît bien. Après, il faut être honnête : même si nous avons eu des problèmes avec lui au début de son mandat, notamment au sujet des subventions, c'est sous la municipalité d'Arthur Paecht qu'a été initié le projet d'extension. »
Après une décennie de créations et de spectacles, le théâtre quittera-t-il ses locaux, exigus mais ô combien chaleureux, de la rue Berny ? « Pas forcément. Nous n'en sommes qu'à la phase d'étude, et plusieurs pistes sont envisagées, explique Gilbert Rinaldi. Parmi lesquelles une extension ici même. » Dans tous les cas, la structure ancrée dans la culture du centre ville ne partira pas très loin.
Autre gros projet dans les cartons : après les succès des pièces « Cons d'ouvriers » et « Maurice Dupain, maire de Pistil Baie » (1), les auteurs se penchent sur une nouvelle création, a priori intitulée « Bar de la Corderie ». « Il s'agira encore d'histoires locales, accessibles à tout le monde. Avec cette pièce, nous aurons bouclé en cinq ans une trilogie seynoise », observe Tonton Dgé.
Deux grands desseins, et une idée en tête : « le futur Théâtre de la Cité pourrait être inauguré, pour sa première année, par la diffusion de la trilogie seynoise. »
Autant de projets qui sont abordés « avec fébrilité. Plusieurs décennies à nous battre nous ont enseigné la patience. Après, si les choses vont vite, ce n'est pas plus mal... »
source: Philippe Zamari - Var Matin


