La Seyne: La clause d'insertion, passeport pour l'emploi ?
débat: Quelles solutions pour aider les habitants de Berthe à trouver du travail ? éléments de réponse des élus de la majorité et de l'opposition

Démolitions, reconstructions : Berthe vit au rythme des grands chantiers mais ses habitants ont du mal à trouver du travail. Un dispositif existe, qui réserve du travail sur les chantiers de l'ANRU aux personnes en parcours d'insertion sociale. La nouvelle municipalité envisage d'établir des clauses d'insertion pour tous ses marchés publics.
C'était la phrase du jour. Dans notre édition de vendredi dernier, un habitant de Berthe s'interrogeait : « Il y a beaucoup de travaux dans Berthe en ce moment avec les démolitions et les constructions de nouvelles résidences. Mais quand on frappe à la porte des entreprises pour demander du travail, on nous dit qu'il n'y a rien. Comment c'est possible ? »
En marge d'une délibération du conseil municipal qui s'est tenu ce jour là, Christian Battle, élu d'opposition, a tenu à apporter un élément de réponse.
Ce qui existe : la clause d'insertion sociale prévue par l'ANRU
Il a rappelé qu'une clause d'insertion sociale est prévue par l'ANRU (agence nationale du renouvellement urbain), dans le cadre des gros chantiers de la cité Berthe. Une convention prévoit qu'un volume d'heures de travail est réservé à des personnes profitant d'un contrat d'insertion.
C'est le PLIE (Plan Local d'Insertion par l'Emploi) qui gère cette convention, à travers sa cellule grands travaux.
« Il y a des résultats, a justifié l'élu, qui était en charge de l'emploi sous l'ancienne municipalité. 80 personnes du quartier ont obtenu des contrats, certains ont abouti à des CDI. Mais, a-t-il tempéré, il faut aussi comprendre que si les entreprises font un effort, on ne peut pas non plus leur demander de débaucher leur propre personnel ! »
L'idée : une clause pour chaque marché public
Rachid Maziane, adjoint à la politique de la ville, trouve visiblement modeste ce résultat : « La clause d'insertion ne prévoit qu'un volume de travail à hauteur de 5 %. Vu les problèmes spécifiques à Berthe et le taux de chômage explosif, il est important de ne pas avoir qu'un seul outil. »
Raphaëlle Leguen, première adjointe, a en effet souligné le souhait de la municipalité de mettre en place ce type de clause pour tous les marchés publics signés par la ville et pas seulement ceux conclus dans le cadre du plan de renouvellement urbain...
« On ne parle pas de la même chose, s'est alors inquiété Fathi Bousbih dans les rangs de l'opposition. L'ancien adjoint d'Arthur Paecht a rappelé que la clause insertion « ne s'adresse pas à tous les demandeurs d'emploi, mais à des demandeurs en marge de l'emploi. C'est un dispositif pour les exclus, les personnes qui ont besoin d'un accompagnement social, des personnes pour qui il y a d'autres problématiques à traiter avec l'emploi. »
Diversifier les outils face à la diversité des problématiques
« Pour le chômage des jeunes, il y a d'autres dispositifs, a-t-il poursuivi. La mission locale par exemple. Il ne faut pas les confondre. »
« Nous ne faisons pas de confusion, l'a rassuré le maire, Marc Vuillemot. Mais on avance. Dans ce domaine, tous les moyens sont bons. »
« On ne confond pas, a renchéri Rachid Maziane. D'accord, il y a un public pour le PLIE, mais il est intéressant également qu'il y ait une clause d'insertion pour d'autres publics. Il faut diversifier les outils, pour répondre à la diversité des problématiques. »
Ces dispositifs répondront-ils à la question posée au départ par l'habitant de Berthe ? Si oui, force est de constater tout de même, qu'on part du principe qu'il faut un intermédiaire - une convention ou un dispositif - pour trouver du travail quand on habite à Berthe. Cela soulève sûrement d'autres questions, qui appellent d'autres réponses.
source:Caroline Martinat - Var Matin


