Enfin l'entente cordiale entre la ville de La Seyne et le club sportif municipal
Le conflit qui opposait depuis 1985 la commune et l'association omnisports autour de la gestion et de l'occupation du complexe Barban est réglé

Photo : Rina Uzan - De g. à d. Sur le court de tennis couvert du complexe Barban, Christian Barlo, conseiller municipal chargé des associations sportives et Philippe Martinenq, président du CSMS scellent d'une poignée de main la fin de 23 ans de conflit entre la municipalité et l'association omnisports.
Historique. Après plus de deux décennies de menaces, intimidations, constats d'huissier et de procès en cascade, sport et politique font de nouveau bon ménage à La Seyne ! Le conflit qui opposait depuis 1985 la commune au Club municipal sportif seynois (CSMS), autour principalement de la gestion et de l'occupation du complexe sportif de Barban riche de dix courts de tennis - dont un couvert, le seul de l'ouest-Var - est en passe d'être enfin réglé. Une volonté d'apaisement que les deux parties ont déjà traduit dans les actes. Ainsi, la nouvelle municipalité conduite par Marc Vuillemot « a mis un terme à toutes les procédures engagées sur le terrain judiciaire », souligne Christian Barlo, conseiller municipal chargé des associations sportives. En réponse, « le CSMS, qui continue à occuper et gérer le site exceptionnel et ses infrastructures sportives a accepté d'en transférer la propriété pleine et entière à la commune », renchérit Philippe Martinenq, président du CSMS.
Pas de subvention de 2005 à 2007
Autre signe fort, le club omnisports de nouveau éligible aux subventions municipales a obtenu cette année une aide financière de 62 000e. Retour en arrière. Institution fondée en 1955, le CSMS a été présidé pendant plus de 40 ans par Jean Passaglia, élu communiste et adjoint aux sports durant cette période. « Quand ce dernier est entré dans l'opposition en 1985, la nouvelle majorité municipale UDF de l'époque a souhaité disloquer le club sportif. À son apogée, le CSMS fédérait alors plus de 3 000 licenciés dans 23 sections », résume Philippe Martinenq. La hache de guerre était déterrée. Les tensions s'apaisent avec le retour des communistes aux affaires de 1995 à 2001. Mais la pause est de courte durée. En mars 2001, avec l'arrivée du nouveau maire UMP Arthur Paecht dont les propositions sont jugées inacceptables, le conflit s'envenime de nouveau. « Pour nous la finalité restait la même : l'éclatement du club », indique le président. « La politisation de l'affaire m'a échappé, avoue le Dr Paecht joint par téléphone. Mon souhait était simplement de régulariser une situation juridique. Je me réjouis de constater qu'un terrain d'entente vient d'être trouvé ». Il n'en demeure pas moins que devant la résistance des dirigeants, et sûre de son bon droit, la commune porte le débat sur le terrain judiciaire. Arguant d'une irrégularité dans la redistribution des subventions aux différentes sections du CSMS, elle coupe le robinet des aides publiques de 2005 à 2007. Le manque à gagner pour le club qui arrive à subsister tant bien que mal grâce à l'appui du conseil régional et au dynamisme de quelques sections phares, est estimé à 186 000e. Le conflit s'est enlisé car toute expulsion est impossible. En 1975, c'est le CSMS qui prend en charge et finance en fonds propres l'achat du terrain et la construction des infrastructures sportive à Barban.
Le CSMS gestionnaire et occupant à vie
Dans un acte notarié, le club en rétrocède la propriété à la ville qui de son côté, garantit l'emprunt bancaire consenti à l'association et prend d'ailleurs son relais en 1992.
En retour, comme le stipule une clause le CSMS reste le gestionnaire et l'occupant à vie du complexe Barban. Cette disposition est toujours valide. « Maintenant, nous devons dans une convention d'utilisation, déterminer les droits et devoirs de chacun. Dès la rentrée, la commune va mettre aux normes et fermer l'accès d'une partie du complexe. À côté du court couvert dont les dégradations causées par des vandales ainsi qu'une partie de la toiture devront être réparées », ambitionne l'élu chargé des associations. Un second souffle donc pour le complexe de Barban au potentiel exceptionnel. « Depuis toujours, notre seule ambition est de faire du sport ! », se réjouit Philippe Martinenq.
source: Jean-marc Vincenti - Var Matin


