Le massif du cap Sicié doit faire face à la surfréquentation
Les 950 ha de forêt sont le terrain de jeu favori de milliers de promeneurs et sportifs, auxquels viendront s'ajouter les chasseurs du 14 septembre au 20 février

Photo : Dominique Leriche - Situé à cheval sur les communes de La Seyne (400 ha) et Six-Fours (450 ha), le massif forestier du cap Sicié est un poumon vert fréquenté par de nombreux joggeurs, cyclistes, promeneurs et cavaliers... qui croiseront les chasseurs du 14 septembre au 20 février.
« Le massif du cap Sicié est le jardin public d'un périmètre périurbain de 500 000 habitants ». La formule est de Jean-Marc Mouton, responsable de l'Office national des forêts (ONF) pour les secteurs de Saint-Mandrier, La Seyne et Six-Fours. Elle résume bien la problématique. Le poumon vert est surfréquenté. À cheval entre ces deux dernières communes, l'emblématique massif s'étend sur 950 ha, plantés de dizaines d'essences endémiques au premier plan desquelles chênes verts, pins d'Alep et pins maritimes.
Il est délimité en son centre par le chemin des oratoires, lien avec la piste forestière conduisant jusqu'à la chapelle de Notre-Dame-du-Mai. Une frontière naturelle. À l'est, sur 400 ha, la forêt est propriété de la commune de La Seyne. À l'ouest elle appartient à la commune de Six-Fours et s'étend sur 450 ha.
70 km de pistes
Dans sa globalité, le massif est géré par la communauté d'agglomérations Toulon Provence Méditerranée et l'ONF, qui y exercent conjointement compétences administratives et pouvoirs de police.
Des milliers de promeneurs, joggeurs, cyclistes, cavaliers, ramasseur de champignons, enfants du centre aérés de Janas,... été comme hiver, se partagent le site et font des 70 km de pistes et sous bois leur terrain de jeux favori. L'été les usagers potentiels sont encore rejoints par les vacanciers hébergés dans les deux campings situés à l'entrée de la forêt. « C'est vrai, la cohabitation n'est pas toujours évidente, reconnaît Jean-Marc Mouton. Mais c'est surtout hors saison que la fréquentation dans le massif - interdit à la circulation automobile du 15 juin au 15 septembre en raison des risques incendies - est à son paroxysme. En 2005, un recensement réalisé un dimanche de janvier a établi la présence ce jour-là de plus de 2 000 personnes sur le site ». Dès le 14 septembre les chasseurs se joindront à la fête. Jusqu'au 10 janvier pour la chasse au gibier sédentaire ; puis jusqu'au 20 février pour la chasse au gibier de passage. Un peu plus de 5 mois durant lesquels l'interaction avec promeneurs et sportifs n'est pas toujours évidente à gérer. « L'époque des planches à clou que l'on trouvait disséminées en forêt où elles crevaient les pneus des VTT est révolue », tempère Gérard Ara, président de la société de chasse « Le Lièvre » à Six-Fours, association qui regroupe 136 adhérents et dispose d'un « bail de chasse » sur 150 ha dans le massif.
Chasse restreinte
« Chacun doit pouvoir fréquenter la forêt et y pratiquer son loisir sans gêner les autres ni la détériorer. C'est notre point de vue », poursuit le chasseur, qui est également président délégué du Comité communal feux de forêt de Six-Fours. À ce titre, hors période de chasse, il multiplie les patrouilles dans le massif.
« La forêt, nous y sommes tous les jours », confirme Jean-Paul Ballottin, président de l'« Union des chasseurs seynois » qui fédère 210 adhérents. Des pratiquants qui ont d'autres territoires, plus vastes et giboyeux, à leur disposition que leurs 400 ha du cap Sicié où ils chassent finalement peu. « Nous interdisons la chasse aux abords des campings, aires de pique-nique et du centre aéré ; de même que dans tout le massif les samedi, dimanche, mercredi et jeudi après-midi, résume le président. Dès lors, les relations avec les autres usagers de la forêt sont forcément limitées ». Des chasseurs responsables qui, des deux côtés de la frontière, sont impliqués dans la gestion de leur partie de forêt respective.
source: Jean-Marc Vincenti - Var Matin


