Jacqueline Franjou : l'art de conjuguer culture et économie

Photo : doc D. L.- Jacqueline Franjou est la présidente de l'œil en Seyne. Depuis cinq ans, le festival de photo propose un regard neuf sur le monde. Cette année, il donne carte blanche à l'oeuvre multiple de Frank Horvat.
Présidente du festival L'œil en Seyne qui expose jusqu'à la fin du mois les photos de Frank Horvat au centre d'art Villa Tamaris, Jacqueline Franjou est aussi la créatrice, avec Jean-Claude Brialy, du festival de théâtre de Ramatuelle. C'est une femme passionnée, c'est aussi une femme de convictions. Elle veut se battre pour la culture, se battre pour son département, elle qui n'est pas née varoise.
« Je suis né aux États-Unis d'un père américain qui avait fait la guerre ici. Nous sommes revenus pour des vacances et c'est là que je suis restée. Je suis du midi par déracinement » résume-t-elle joliment. « J'aime cette région, sa lumière, son histoire magnifique, le caractère entier des Varois. »
À La Seyne, elle est ainsi tombée amoureuse des Sablettes, « si bien racontées dans les pages magnifiques écrites par George sand ».
Un festival géré comme une entreprise
Élue pendant 12 ans aux côtés d'Albert Raphaël à la mairie de Ramatuelle, elle crée le fameux festival « sans savoir qu'il allait durer 25 ans ». Et se rend compte qu'un festival se gère comme une entreprise. « On a innové à Ramatuelle. Bien sûr, on a des partenariats publics, 12 à 15 %, qui donnent un sens et une éthique à la culture. Mais il y a aussi des entreprises qui nous soutiennent et financent 40 à 45 % du festival. Le reste, c'est la billetterie. »
Femme de culture, elle reste « avant tout chef d'entreprise ». À La Seyne aussi elle fait appel aux fonds publics et aux entreprises « pour que l'?il en Seyne soit économiquement viable ».
« Chaque année, dit-elle, c'est un nouveau combat. A Ramatuelle, à La Seyne, et c'est la même chose à Fayence, à Saint-Raphaël, partout où nous organisons des événements. Dans la vie, il faut toujours un équilibre des choses ! »
À 61 ans, Jacqueline Franjou qui n'a pas l'intention de s'arrêter rêve de nouveaux défis. « J'ouvre les yeux et les oreilles. Sur Marseille 2013 par exemple. J'ai envie de festivals et de fêtes pour ce département. »
source: C. M. - Var Matin


